Le calendrier des réformes du dispositif Mon soutien psy
Le dispositif a été modifié trois fois en quatre ans, et beaucoup d'informations en circulation datent d'une version périmée. Reconstituer la chronologie évite de renoncer sur la base d'une règle abrogée.
Le lancement intervient en avril 2022, sous un autre nom et dans un format plus restrictif : 8 séances par année civile et une obligation d'adressage par un médecin. Le dispositif est porté par l'Assurance Maladie et s'inscrit dans la stratégie nationale pour la santé mentale.
En juin 2024 intervient le premier assouplissement décisif. L'Assurance Maladie indique que, depuis cette date, consulter un médecin avant de prendre rendez-vous avec un psychologue conventionné n'est plus une obligation, et que le patient peut accéder directement à un professionnel figurant dans l'annuaire dédié. Le dispositif prend au cours de cette période son nom actuel, Mon soutien psy.
L'étape réglementaire suivante est inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, la loi n° 2025-199 du 28 février 2025. Le décret n° 2025-424 du 13 mai 2025 et l'arrêté du même jour, publiés au Journal officiel du 15 mai 2025, en tirent les conséquences : la condition préalable d'adressage par les médecins, les sages-femmes et les professionnels de la médecine scolaire est supprimée, et le nombre de séances prises en charge annuellement passe de 8 à 12.
Avril 2025 marque enfin le premier effort de notoriété d'ampleur, avec une campagne nationale d'information lancée par l'Assurance Maladie. La santé mentale est déclarée Grande Cause nationale pour 2025, un label reconduit en 2026, ce qui a nourri une communication publique soutenue sur Mon soutien psy et sur les autres circuits d'accès aux soins psychiques.
Ce que cette chronologie change pour vous tient en trois points. Un article ou un témoignage antérieur à mai 2025 mentionnant 8 séances est périmé. Une source affirmant qu'une orientation médicale est obligatoire décrit un état du droit abrogé. Enfin, le compteur fonctionne par année civile depuis l'origine : les séances consommées en fin d'année n'entament pas le forfait de l'année suivante.
Qui peut en bénéficier, et pour quels troubles
Aucune condition de revenus, aucune condition d'âge minimal au-delà de 3 ans, aucune exigence de complémentaire santé. Vous devez être assuré social ou ayant droit, et consulter un psychologue figurant dans l'annuaire des professionnels conventionnés publié par l'Assurance Maladie. Ces trois éléments constituent l'intégralité des conditions d'accès depuis la réforme de mai 2025.
Le critère déterminant porte sur l'intensité du trouble. L'Assurance Maladie réserve la prise en charge aux patients de plus de 3 ans en souffrance psychique d'intensité légère à modérée. Les situations qui relèvent d'une prise en charge psychiatrique sortent du cadre : crise suicidaire, dépendance à une substance psychoactive, troubles du comportement alimentaire avec signes de gravité, trouble neurodéveloppemental sévère. Cette exclusion protège le patient d'un accompagnement inadapté à son état, elle ne le prive d'aucun droit : ces situations relèvent d'un circuit spécialisé, gratuit lui aussi en secteur public.
Le cas particulier des enfants et des adolescents
L'accès à partir de 3 ans fait de Mon soutien psy un des rares dispositifs de remboursement ouverts aux jeunes enfants. Pour un mineur, l'orientation peut passer par le médecin traitant, un médecin de PMI (protection maternelle et infantile), un médecin scolaire ou un pédiatre, sans que cette étape soit obligatoire. L'enjeu est documenté : l'étude ENABEE conduite par Santé publique France, relayée par l'UNICEF France, montre que 13 % des enfants scolarisés en élémentaire présentent un trouble probable de santé mentale, qu'il soit émotionnel, oppositionnel ou attentionnel. Chez les adolescents, l'UNICEF France rappelle que le suicide reste la deuxième cause de mortalité des 10-19 ans, avec plus de 400 décès par an.
Les étudiants cumulent deux dispositifs
Un étudiant de l'enseignement supérieur peut mobiliser Mon soutien psy et Santé psy étudiant, qui ouvre droit à 12 séances gratuites auprès d'un psychologue partenaire, renouvelables chaque année et ouvertes à tous les étudiants de l'enseignement supérieur qui le souhaitent, sans condition de ressources. Les deux forfaits se cumulent, ce qui porte à 24 le nombre de séances accessibles sur une année. Cette possibilité de cumul est rarement connue alors que la population étudiante figure parmi les plus exposées : le Baromètre 2024 de Santé publique France mesure une prévalence de 22 % d'épisodes dépressifs caractérisés chez les étudiants, contre 15 % chez les actifs en emploi. Les modalités pratiques de ce cumul sont détaillées dans notre fiche consacrée à la santé mentale des étudiants.
Le coût réel d'une séance et la répartition du remboursement
Le tarif est réglementé et opposable : 50 euros pour l'entretien d'évaluation, 50 euros pour chacune des 11 séances de suivi. Le psychologue conventionné ne peut pratiquer aucun dépassement d'honoraires dans ce cadre, la règle figure dans la convention qu'il a signée. L'Assurance Maladie rembourse 60 % de ce tarif, soit 30 euros par séance. Les 20 euros restants constituent le ticket modérateur, la part qui reste à votre charge avant intervention de votre complémentaire santé.
Sur un forfait complet de 12 séances, le calcul donne 600 euros de dépenses, 360 euros remboursés par l'Assurance Maladie et 240 euros de ticket modérateur. Si votre contrat de complémentaire couvre le ticket modérateur sur les actes de psychologie conventionnés, votre reste à charge final est nul.
L'avance de frais est le point qui surprend le plus. En règle générale, vous réglez les 50 euros au psychologue, qui transmet la feuille de soins, et vous êtes remboursé ensuite. Le tiers payant n'est obligatoire que dans cinq situations identifiées par l'Assurance Maladie : bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire, bénéficiaire de l'aide médicale d'État, soins en lien avec une affection de longue durée, soins en lien avec une maternité à partir du 6e mois de grossesse, soins en lien avec un accident du travail ou une maladie professionnelle. En dehors de ces cas, le psychologue reste libre d'appliquer le tiers payant sur la part obligatoire s'il le souhaite ; beaucoup le font, mais rien ne l'y contraint.
| Situation | Avance de frais | Reste à charge final | Règle applicable |
|---|
| Cas général | 50 € par séance | 20 € par séance avant intervention de la complémentaire | Remboursement de 60 % par l'Assurance Maladie |
| Complémentaire santé solidaire | Aucune | 0 € | Tiers payant obligatoire, aucun reste à charge |
| Aide médicale d'État | Aucune | 0 € | Tiers payant obligatoire |
| Soins liés à une ALD | Aucune | 0 € ou 20 € selon l'exonération applicable | Tiers payant obligatoire |
| Maternité, à partir du 6e mois | Aucune | 0 € pour les soins liés à la grossesse | Tiers payant obligatoire |
| Accident du travail, maladie professionnelle | Aucune | Selon la prise en charge AT/MP | Tiers payant obligatoire |
Les séances de suivi peuvent se dérouler en visioconférence, au même tarif de 50 euros, avec un code de facturation distinct. Deux limites encadrent cette modalité : l'entretien d'évaluation se tient obligatoirement en présentiel, et un psychologue conventionné ne peut consacrer plus de 20 % de son activité conventionnée annuelle aux séances à distance. Dans les faits, le distanciel reste marginal : l'Assurance Maladie mesure 3,2 % de séances réalisées à distance sur l'ensemble du dispositif.
Ce que votre mutuelle couvre au-delà du ticket modérateur
Votre complémentaire santé intervient à deux niveaux distincts, et les confondre conduit à mal évaluer votre budget. Le premier niveau est le ticket modérateur des séances conventionnées : les 20 euros par séance non couverts par l'Assurance Maladie. La quasi-totalité des contrats dits responsables prennent en charge ce ticket modérateur sur les actes remboursés par l'Assurance Maladie, ce qui inclut les séances relevant de Mon soutien psy. Vérifiez la ligne correspondante de votre tableau de garanties avant d'engager un suivi.
Le second niveau concerne les consultations réalisées hors dispositif. De nombreux contrats proposent depuis quelques années un forfait psychologie, exprimé en euros par an ou en nombre de séances, qui s'applique aux consultations chez un psychologue non conventionné ou au-delà des 12 séances. Leur montant et leurs conditions varient fortement d'un assureur à l'autre : plafond par séance, nombre de séances couvertes, obligation de recourir à un professionnel identifié par la mutuelle. Ce forfait est une garantie contractuelle, pas un droit légal, et aucun standard de marché ne s'impose aux assureurs.
Trois vérifications valent d'être faites avant de signer ou de renouveler un contrat, quand la santé mentale fait partie de vos priorités.
- Le ticket modérateur des actes conventionnés. Assurez-vous que le contrat couvre 100 % du ticket modérateur sur les actes remboursables, ce qui neutralise les 20 euros par séance.
- L'existence d'un forfait psychologie autonome. Il prend le relais une fois les 12 séances consommées, ou permet de consulter un psychologue non conventionné.
- Les conditions d'accès à ce forfait. Certains contrats exigent une prescription médicale, d'autres imposent un réseau de partenaires, d'autres encore appliquent un délai de carence lors de la première année d'adhésion.
Le paysage des garanties a évolué avec le dispositif. Depuis que l'Assurance Maladie prend en charge une part des séances, la plupart des complémentaires ont repositionné leur forfait psychologie sur ce qui reste non couvert : les consultations au-delà des 12 séances, les praticiens non conventionnés, et parfois les approches non remboursables comme certaines thérapies brèves. Lisez la garantie en tenant compte de cet emboîtement, sinon vous comptez deux fois la même prise en charge.
Deux questions permettent de trancher rapidement à la lecture d'un tableau de garanties. La ligne « honoraires des professionnels de santé » ou « actes remboursés par le régime obligatoire » couvre-t-elle 100 % du ticket modérateur ? Existe-t-il une ligne distincte intitulée « psychologie », « soutien psychologique » ou « médecines douces » avec un montant annuel propre ? La première réponse conditionne votre reste à charge dans le cadre de Mon soutien psy, la seconde votre capacité à poursuivre au-delà.
Un point mérite d'être signalé sans détour : le forfait psychologie d'une mutuelle et Mon soutien psy ne se substituent pas l'un à l'autre. Le dispositif public s'applique en premier sur les séances conventionnées, la garantie contractuelle prend le relais ensuite. Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire n'ont besoin d'aucune des deux : leur prise en charge est intégrale et le tiers payant leur est acquis, ce qui concerne 12,2 % des patients du dispositif selon l'Assurance Maladie.
Comment accéder à un psychologue conventionné Mon soutien psy
Deux chemins mènent au dispositif, et vous choisissez celui qui vous convient. Le premier passe par un médecin : médecin traitant, médecin hospitalier, médecin de PMI ou médecin scolaire pour un enfant, médecin d'un service de santé universitaire pour un étudiant, sage-femme en cas de grossesse. Ce professionnel fait le point avec vous, écarte les signes d'urgence et vous oriente vers un psychologue partenaire. Le second chemin est l'accès direct : vous consultez l'annuaire, vous prenez rendez-vous, aucune orientation préalable n'est exigée.
L'accès direct est la nouveauté qui a le plus changé l'usage de Mon soutien psy. L'Assurance Maladie indique que depuis juin 2024, consulter un médecin avant de prendre rendez-vous avec un psychologue conventionné n'est plus une obligation. Le décret n° 2025-424 du 13 mai 2025 a ensuite supprimé la condition d'adressage dans les textes et porté le forfait de 8 à 12 séances, deux mesures prévues par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025. Passer d'abord par votre médecin traitant reste toutefois utile : il connaît vos antécédents, il peut repérer une cause somatique à une fatigue ou à des troubles du sommeil, et il assure la continuité du suivi si un avis psychiatrique devient nécessaire.
Sept étapes structurent un premier recours à Mon soutien psy, du repérage jusqu'au remboursement effectif.
- Identifiez la nature de la difficulté. Anxiété persistante, sommeil dégradé, moral bas depuis plusieurs semaines, événement de vie éprouvant : notez depuis quand et ce que cela vous empêche de faire.
- Décidez du point d'entrée. Médecin traitant si vous souhaitez un avis médical global, accès direct si votre situation est claire et que vous voulez gagner du temps.
- Consultez l'annuaire officiel. L'Assurance Maladie publie la liste des psychologues ayant signé la charte Mon soutien psy, filtrable par localisation. Seuls ces professionnels ouvrent droit au remboursement.
- Vérifiez la disponibilité et le mode d'exercice. Demandez le délai de rendez-vous, la possibilité de séances à distance et l'application éventuelle du tiers payant sur la part obligatoire.
- Réalisez l'entretien d'évaluation. Cette première séance, obligatoirement en présentiel, dure environ 55 minutes et détermine si le cadre est adapté à votre situation.
- Poursuivez avec les séances de suivi. Jusqu'à 11 séances de 30 à 45 minutes, dont le rythme se décide avec le psychologue.
- Suivez vos remboursements. La feuille de soins est transmise à votre caisse ; le remboursement de 30 euros par séance apparaît sur votre compte ameli, puis votre complémentaire traite le ticket modérateur.
Un détail administratif évite des allers-retours : si votre situation ouvre droit au tiers payant obligatoire, apportez à la première séance votre attestation de droits à jour et, le cas échéant, le courrier du professionnel de santé précisant que les séances sont liées à une ALD, à une maternité ou à un accident du travail. Sans ces documents, le psychologue ne peut pas appliquer la dispense d'avance de frais.
Le choix du praticien reste le vôtre. La convention encadre le tarif et le cadre administratif, elle ne dit rien de l'approche thérapeutique ni de la qualité de la relation. Nos repères pour choisir son psychologue selon des critères concrets valent dans le dispositif comme en dehors.
Repérer les signes qui justifient une consultation
La difficulté la plus fréquente n'est pas de trouver un psychologue, elle est de décider que le moment est venu. Le Baromètre 2024 de Santé publique France chiffre ce blocage : 56 % des adultes ayant vécu un épisode dépressif caractérisé dans l'année n'ont consulté aucun professionnel de santé. Les obstacles identifiés par l'enquête CoviPrev de 2023 sont le coût, la crainte de la stigmatisation et le manque d'information sur les ressources disponibles. Mon soutien psy neutralise le premier ; les deux autres relèvent de l'information et de la parole.
La Haute Autorité de santé donne des repères cliniques précis pour l'épisode dépressif caractérisé, qui reste le motif le plus fréquent de recours. La durée compte : au moins deux semaines de symptômes quasi quotidiens, avec un retentissement sur la vie professionnelle et sociale et une détresse significative. Deux symptômes principaux sur trois doivent être présents : humeur dépressive, perte d'intérêt pour les activités habituellement agréables, fatigabilité augmentée. S'y ajoutent au moins deux symptômes parmi sept : baisse de l'attention et de la concentration, perte de confiance en soi, sentiment de culpabilité ou d'inutilité, pessimisme sur l'avenir, troubles du sommeil, perte d'appétit, idées suicidaires.
Ces critères ne servent pas à vous auto-diagnostiquer. Ils servent à distinguer une baisse de moral passagère d'une situation qui mérite un avis professionnel. L'Inserm formule la distinction en termes simples : la déprime est un moment de tristesse ou de découragement, tandis que la dépression est associée à un dysfonctionnement social et à une souffrance personnelle majeurs.
Quelques repères concrets, au quotidien, signalent qu'un accompagnement serait utile.
- Le sommeil se dégrade depuis plus de trois semaines, avec des réveils précoces ou un endormissement impossible.
- Des tâches ordinaires, répondre à un message, préparer un repas, sortir faire une course, demandent un effort disproportionné.
- L'entourage remarque un changement que vous ne perceviez pas, ou vous vous isolez pour éviter les questions.
- Une consommation d'alcool, de tabac ou de cannabis augmente et sert à tenir la journée.
- Des douleurs physiques sans cause retrouvée s'installent, ce que documente notre fiche sur l'anxiété et ses manifestations somatiques.
Aucun de ces signaux ne suffit isolément. Leur accumulation sur plusieurs semaines, ou l'apparition d'idées suicidaires quelle qu'en soit l'intensité, justifie un contact rapide avec un professionnel.
Niveaux de sévérité : où se situe le seuil d'alerte
Mon soutien psy vise explicitement les troubles psychiques d'intensité légère à modérée, ce qui suppose de savoir situer une souffrance sur une échelle de sévérité. La Haute Autorité de santé distingue trois niveaux pour l'épisode dépressif caractérisé, en fonction de l'intensité des symptômes et de leur retentissement sur la vie quotidienne.
Dans les épisodes légers et modérés, les activités sociales et professionnelles restent possibles, moyennant un effort supplémentaire de la personne. Se lever, aller travailler, tenir une conversation demandent une énergie disproportionnée, mais restent réalisables. C'est précisément la zone que Mon soutien psy est conçu pour couvrir, et la HAS y positionne la psychothérapie de soutien en traitement de première intention, sans indication de traitement antidépresseur dans les formes légères.
Dans les épisodes sévères, la personne éprouve des difficultés considérables à mener son travail et ses activités familiales et sociales. La HAS recommande alors un traitement antidépresseur d'emblée et une orientation rapide vers un psychiatre, avec une psychothérapie structurée en association. Ces situations sortent du périmètre de Mon soutien psy, ce qui n'a rien d'un refus de soin : elles appellent une prise en charge médicale que le dispositif n'a pas vocation à assurer.
Le risque suicidaire constitue le seuil d'alerte le plus important, et il s'évalue indépendamment de l'intensité globale. La HAS précise qu'il est majeur dans les épisodes dépressifs de l'adulte, qu'il doit être apprécié lors du bilan initial puis réévalué régulièrement, et que l'hospitalisation est recommandée en cas de risque élevé, y compris parfois sans le consentement du patient. L'ordre de grandeur du risque justifie cette vigilance : l'Inserm estime que le risque de suicide est multiplié par 30 au cours d'un épisode dépressif.
Quatre facteurs de risque suicidaire sont identifiés par la HAS : un âge supérieur à 75 ans, l'isolement, l'accès à des moyens létaux, un antécédent familial de suicide. Le soutien social figure à l'inverse parmi les facteurs de protection. Ces éléments ne se substituent pas à une évaluation clinique, ils indiquent quand l'urgence prime sur toute autre considération.
Concrètement, trois orientations découlent de cette gradation. Une souffrance récente, circonscrite, qui laisse le fonctionnement quotidien à peu près intact relève de Mon soutien psy ou d'un psychologue en libéral. Une souffrance ancienne, intense, avec retentissement majeur ou traitement médicamenteux en cours, relève d'un avis médical et d'un centre médico-psychologique. Des idées suicidaires, quelle qu'en soit l'intensité apparente, relèvent du 3114 ou du 15, sans délai.
Facteurs de risque : ce que montrent les données françaises
Les épisodes dépressifs ne se répartissent pas au hasard dans la population, et les écarts mesurés par Santé publique France sont considérables. La prévalence globale s'établit à 16 % des adultes de 18 à 79 ans en 2024. Elle monte à 22 % chez les 18-29 ans, atteint 18 % chez les femmes contre 13 % chez les hommes, et grimpe à 28 % chez les personnes qui perçoivent leur situation financière comme difficile, contre 9 % chez celles qui se déclarent à l'aise. L'écart entre ces deux dernières catégories est d'un facteur trois.
Le statut d'activité pèse également : 25 % chez les chômeurs, 24 % chez les inactifs, 22 % chez les étudiants, 15 % chez les actifs en emploi. L'isolement résidentiel joue dans le même sens, avec 19 % chez les personnes vivant seules et 21 % dans les familles monoparentales. Ces chiffres décrivent des facteurs de risque statistiques, ils ne prédisent aucune trajectoire individuelle.
Sur le plan des mécanismes, l'Inserm décrit une pathologie multifactorielle où interagissent une vulnérabilité biologique, des antécédents familiaux, des événements de vie et un contexte social. Le trouble dépressif caractérisé concerne 15 à 20 % de la population générale sur la vie entière selon l'Inserm, ce qui en fait l'un des troubles psychiques les plus répandus. L'institut souligne aussi une comorbidité souvent négligée : la dépression pourrait concerner jusqu'à 40 % des personnes souffrant d'une maladie chronique, diabète, cancer ou fibromyalgie notamment, ce qui altère le pronostic de ces patients.
À l'échelle internationale, l'Organisation mondiale de la santé recensait en 2021 1,1 milliard de personnes présentant un trouble mental, soit une personne sur sept, dont 359 millions pour les seuls troubles anxieux. Ces ordres de grandeur situent le sujet : les troubles psychiques légers à modérés que vise Mon soutien psy concernent une part très large de la population, à un moment ou à un autre de la vie.
Le facteur de risque le plus prédictif reste l'antécédent. L'Inserm identifie les rechutes comme le principal facteur de risque à moyen et long terme, ce qui justifie de ne pas interrompre un suivi dès la disparition des symptômes. La HAS recommande d'ailleurs qu'un traitement antidépresseur éventuellement prescrit ne soit jamais interrompu brutalement : son arrêt se décide avec le médecin prescripteur et se fait de façon progressive, précisément pour prévenir les rechutes.
Qui pose un diagnostic, et selon quelles classifications
La confusion la plus coûteuse en temps concerne la répartition des rôles. Le psychologue est titulaire d'un master de psychologie et inscrit au répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé (RPPS) ; il conduit des entretiens, fait passer des tests, mène une psychothérapie, mais ne prescrit aucun médicament. Le psychiatre est médecin : il pose un diagnostic médical, prescrit des traitements et peut décider d'une hospitalisation. Le psychothérapeute est un titre réglementé qui suppose une formation spécifique en psychopathologie clinique. Nos explications détaillées figurent dans la fiche sur la différence entre psychologue et psychiatre.
Dans le cadre de Mon soutien psy, le psychologue conventionné réalise un entretien d'évaluation, apprécie l'intensité de la souffrance et oriente vers un médecin si la situation dépasse le périmètre du dispositif. Cette évaluation n'est pas un diagnostic médical au sens strict. Elle détermine si un accompagnement psychologique court est adapté, ou si un avis médical s'impose.
Deux classifications servent de référence internationale. La CIM-11 (Classification internationale des maladies, onzième révision) est la classification de référence publiée par l'Organisation mondiale de la santé, et l'OMS y adosse explicitement sa description des troubles mentaux. Les données hospitalières françaises reposent encore largement sur la révision précédente : la DREES code les motifs de recours en psychiatrie selon la CIM-10 dans ses publications. Le DSM-5-TR (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, cinquième édition, texte révisé), publié par l'American Psychiatric Association, est très employé en recherche et dans la littérature clinique. Les deux systèmes décrivent des critères observables et des seuils de durée, ils ne prétendent pas expliquer les causes d'un trouble.
Le titre de psychologue est protégé par la loi et son usage suppose un diplôme reconnu. Tout psychologue exerçant en France se voit attribuer un identifiant au RPPS (répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé). L'Agence du Numérique en Santé a basculé les psychologues, jusqu'alors enregistrés au répertoire ADELI, vers le RPPS à partir de juin 2023. Cet enregistrement alimente l'annuaire santé public, et il conditionne l'inscription au dispositif Mon soutien psy. Vérifier qu'un praticien y apparaît est le contrôle le plus simple avant un premier rendez-vous, en particulier face à l'offre abondante de « coachs » et de « thérapeutes » dont les titres ne sont soumis à aucune condition de diplôme.
Le psychologue dispose aussi d'outils standardisés d'évaluation de la sévérité, comme l'échelle de dépression de Hamilton (HDRS) ou l'échelle de Montgomery et Åsberg (MADRS), citées par l'Inserm. Ces échelles quantifient l'intensité des symptômes et permettent de suivre l'évolution d'une prise en charge dans le temps, séance après séance.
Un point de vigilance mérite d'être posé clairement. Un questionnaire en ligne, une application ou un article, y compris celui-ci, ne pose aucun diagnostic. Ces supports informent, ils orientent, ils aident à formuler une demande. La distinction entre un trouble anxieux, un épisode dépressif, un trouble bipolaire dont les épisodes dépressifs alternent avec des épisodes maniaques, ou une souffrance réactionnelle à un événement, relève d'un entretien clinique conduit par un professionnel.
Préparer et tirer parti de votre première séance
L'entretien d'évaluation dure environ 55 minutes et détermine la suite du parcours. Le préparer sommairement fait gagner une séance entière sur un forfait qui en compte douze.
Trois éléments méritent d'être notés avant le rendez-vous. D'abord, la chronologie : depuis quand la difficulté est présente, ce qui l'a précédée, ce qui l'aggrave ou l'apaise. Ensuite, le retentissement concret : sommeil, appétit, travail, relations, activités abandonnées. Enfin, les antécédents utiles : suivis antérieurs, traitements en cours, maladies chroniques, événements marquants. Ces informations orientent l'évaluation bien plus efficacement qu'une description générale du mal-être.
Sur le plan administratif, apportez votre carte Vitale ou votre attestation de droits à jour. Si votre situation ouvre droit au tiers payant obligatoire, ajoutez le courrier du professionnel de santé établissant le lien avec une ALD, une maternité ou un accident du travail. Sans ces pièces, le psychologue applique l'avance de frais, et vous réglez les 50 euros avant remboursement.
Quatre questions valent d'être posées dès ce premier rendez-vous, parce que leur réponse conditionne l'utilité de la suite.
- Quel objectif poursuivons-nous ? Un objectif formulé, même modeste, permet de mesurer si quelque chose bouge.
- Quelle approche utilisez-vous ? Thérapie cognitivo-comportementale, approche psychodynamique, thérapie systémique : la réponse aide à comprendre ce qui va se passer en séance.
- À quel rythme nous voyons-nous ? Un rythme hebdomadaire ou bimensuel change beaucoup l'usage du forfait de 12 séances.
- Que se passe-t-il si douze séances ne suffisent pas ? Le psychologue peut poursuivre à son tarif libre, orienter vers un centre médico-psychologique, ou proposer un relais médical.
L'évaluation de l'efficacité obéit à un calendrier documenté. La HAS fixe le point d'étape entre quatre et huit semaines de prise en charge, délai en deçà duquel il est prématuré de conclure à un échec, et au-delà duquel le diagnostic ou la stratégie doivent être reconsidérés en cas de persistance ou d'aggravation. Sur un rythme hebdomadaire, cela correspond à peu près à la moitié du forfait Mon soutien psy.
Un dernier point relève de votre liberté de patient. Si la relation ne s'installe pas après deux ou trois séances, changer de praticien n'est ni un échec ni une perte de droits : le compteur de séances vous suit, quel que soit le psychologue conventionné que vous consultez au cours de l'année civile.
Les psychothérapies dont l'efficacité est établie
Les séances remboursées par Mon soutien psy relèvent de l'accompagnement psychologique, une pratique dont les modalités varient selon la formation du praticien. La Haute Autorité de santé range la psychothérapie de soutien parmi les traitements de première intention pour les épisodes dépressifs caractérisés d'intensité légère, dans lesquels un traitement antidépresseur n'est pas indiqué. Pour les épisodes d'intensité modérée, la HAS recommande de l'envisager en priorité, éventuellement en association avec un traitement médicamenteux selon l'appréciation clinique et le choix du patient.
Les psychothérapies structurées ayant démontré une efficacité sont identifiées par la HAS : thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qui travaillent sur les pensées automatiques et les comportements d'évitement ; thérapies psychodynamiques ou d'inspiration analytique, centrées sur les conflits internes et l'histoire du sujet ; thérapies systémiques, qui prennent pour objet les relations familiales ou conjugales. La psychothérapie de soutien, plus souple, peut être conduite par un médecin généraliste comme par un psychologue clinicien.
L'ordre de grandeur de l'efficacité mérite d'être connu pour ajuster ses attentes. L'Inserm estime que les traitements de la dépression, associant approches psychothérapiques et médicamenteuses quand elles sont indiquées, sont efficaces dans près de 70 % des cas. La HAS fixe par ailleurs un rythme d'évaluation : l'efficacité d'un traitement s'apprécie après quatre à huit semaines, délai en deçà duquel il est prématuré de conclure à un échec.
Douze séances suffisent-elles ? La question se pose légitimement. Le format de Mon soutien psy convient aux difficultés circonscrites : un deuil, une rupture, une période professionnelle éprouvante, un trouble anxieux d'installation récente, des difficultés de sommeil. Il convient moins aux problématiques anciennes et structurées, pour lesquelles une psychothérapie longue reste indiquée. Les données d'usage montrent d'ailleurs une consommation moyenne de 6 séances par patient, très en deçà du plafond, ce qui suggère que beaucoup de situations se résolvent en quelques rendez-vous ou que les patients basculent vers un suivi hors dispositif.
Trois éléments comptent davantage que l'étiquette de la méthode. La qualité de l'alliance thérapeutique, que la HAS décrit comme fondée sur l'empathie, l'écoute et le soutien, prédit une part importante du résultat. La régularité des séances évite les reprises à zéro. La clarté de l'objectif fixé lors de l'entretien d'évaluation permet de mesurer si quelque chose bouge. Ces trois points se discutent explicitement avec le psychologue dès la première rencontre.
Ce que Mon soutien psy ne couvre pas, et vers quoi se tourner
Le premier angle mort de Mon soutien psy est géographique. L'Assurance Maladie recensait en février 2026 7 280 psychologues conventionnés sur 16 000 éligibles, soit un taux d'adhésion de 44 %, et 89 % de ces professionnels exercent en zone urbaine. Dans un département rural, trouver un psychologue conventionné disponible relève parfois de l'impossible, alors même que 79 % des patients du dispositif résident déjà en ville. Le tarif de 50 euros est fixé par la convention, sans dépassement ni négociation possible, et le conventionnement impose un cadre administratif que le psychologue accepte en bloc. Le résultat est mesurable : une majorité des psychologues éligibles n'a pas adhéré au dispositif.
Ce taux d'adhésion de 44 % mérite d'être lu correctement, car deux dénominateurs circulent. Rapporté aux 16 000 psychologues que l'Assurance Maladie considère comme éligibles, 7 280 conventionnés représentent 44 %. Rapporté à l'ensemble des psychologues exerçant en libéral en France, un effectif nettement plus large, la proportion de conventionnés tombe très bas. Les deux chiffres sont exacts, ils ne mesurent pas la même chose, et la confusion entre les deux alimente des lectures contradictoires du succès ou de l'échec du dispositif.
Le deuxième angle mort est clinique. Mon soutien psy exclut les situations qui nécessitent une prise en charge psychiatrique : crise suicidaire, dépendance à une substance psychoactive, troubles du comportement alimentaire avec signes de gravité, trouble neurodéveloppemental sévère. Ces exclusions sont cohérentes avec un dispositif de premier recours, elles laissent toutefois sans réponse immédiate des personnes qui, faute d'orientation claire, renoncent purement et simplement.
Le troisième angle mort est la durée. Douze séances par année civile ne construisent pas un suivi au long cours. Pour un trouble installé depuis des années, le forfait sert d'amorce, pas de traitement complet.
Plusieurs circuits complètent utilement Mon soutien psy, et le bon choix dépend de votre situation.
| Circuit | Coût pour vous | Volume | Public et accès |
|---|
| Mon soutien psy | 20 € par séance avant mutuelle | 12 séances par an | Dès 3 ans, accès direct ou via un médecin |
| Centre médico-psychologique | Gratuit | Suivi sans plafond | Tout public, sectorisation géographique |
| Santé psy étudiant | Gratuit | 12 séances renouvelables | Étudiants du supérieur |
| Maison des adolescents | Gratuit | Accueil et orientation | Jeunes de 11 à 25 ans et familles |
| Psychologue hors dispositif | Tarif libre du praticien | Sans limite | Tout public, selon les garanties de la mutuelle |
Les centres médico-psychologiques (CMP) constituent l'alternative publique la plus solide : consultations gratuites, équipes pluridisciplinaires, prise en charge sans limitation de durée. La DREES documente leur poids dans le système : en 2023, 2,2 millions de patients ont été suivis en psychiatrie ambulatoire dans les établissements de santé, et 63 % des actes ambulatoires ont été réalisés en CMP, pour une moyenne de 10,6 actes par patient. Leur limite tient au délai d'obtention d'un premier rendez-vous, très variable selon les territoires, et à une sectorisation qui vous rattache au centre de votre lieu de résidence. Les écarts territoriaux sont massifs : la DREES mesure des taux de recours ambulatoire allant de 1 727 patients pour 100 000 habitants dans le Loir-et-Cher à 5 253 en Lozère.
Les maisons des adolescents accueillent les 11 à 25 ans et leurs familles, sans rendez-vous dans la plupart des cas, pour de l'écoute et de l'orientation. Les associations agréées proposent des permanences ou des consultations à tarif solidaire. Enfin, consulter un psychologue hors dispositif reste possible à tout moment, en mobilisant le forfait psychologie de votre complémentaire santé.

Trois parcours chiffrés, du premier rendez-vous au reste à charge
Les règles de Mon soutien psy se comprennent mieux appliquées à des situations complètes. Les trois exemples qui suivent sont des cas types construits à partir des tarifs et des règles en vigueur, avec le détail du calcul.
Une salariée de 34 ans, mutuelle d'entreprise, anxiété après une réorganisation. Elle consulte l'annuaire, prend rendez-vous en accès direct et réalise l'entretien d'évaluation, puis huit séances de suivi, soit neuf séances au total. Elle avance 50 euros à chaque rendez-vous, soit 450 euros. L'Assurance Maladie lui rembourse 30 euros par séance, soit 270 euros. Le ticket modérateur s'élève à 180 euros, pris en charge par sa complémentaire d'entreprise qui couvre 100 % du ticket modérateur sur les actes remboursables. Reste à charge final : 0 euro. Trésorerie mobilisée sur la période : 450 euros, remboursés en quelques jours après chaque transmission de feuille de soins.
Un étudiant de 19 ans bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire. Le tiers payant est obligatoire dans sa situation, il ne verse donc rien au psychologue et l'Assurance Maladie prend en charge l'intégralité des 50 euros par séance. Il consomme ses 12 séances de Mon soutien psy sur l'année, puis mobilise Santé psy étudiant qui lui ouvre 12 séances gratuites supplémentaires. Volume total accessible sur l'année : 24 séances. Coût pour lui : 0 euro, sans avance de frais à aucun moment. Sa situation combine deux des trois facteurs de risque les plus marqués du Baromètre 2024 de Santé publique France, le statut d'étudiant et la tranche des 18-29 ans.
Un homme de 52 ans en affection de longue durée, difficultés de sommeil et moral bas. Les séances étant en lien avec son ALD, le tiers payant s'applique de plein droit dès lors qu'il présente son attestation de droits et le courrier du médecin établissant ce lien. Il n'avance aucun frais. Son parcours illustre la comorbidité décrite par l'Inserm, qui estime que la dépression pourrait concerner jusqu'à 40 % des personnes atteintes d'une maladie chronique. Après six séances, son psychologue estime qu'un avis psychiatrique serait utile et l'oriente vers son médecin traitant, qui organise cette consultation. Mon soutien psy a joué ici son rôle de premier recours et de passerelle.
Ces trois trajectoires ont un point commun : la partie administrative se règle en une fois, au premier rendez-vous, à condition d'arriver avec les bons documents. Le reste du parcours se joue entre vous et le psychologue.
La place des proches et les signaux qui imposent d'agir vite
Accompagner quelqu'un ne consiste pas à le soigner. L'Inserm rappelle que la dépression constitue une charge psychologique importante pour les proches et qu'elle affecte le fonctionnement familial ; les aidants ressentent souvent un manque de réaction de la personne concernée et cherchent à la raisonner, alors que la pathologie l'empêche précisément de réagir. Ce décalage épuise les deux parties.
Trois actions restent à votre portée et sont utiles. Nommer ce que vous observez, avec des faits et sans interprétation : le sommeil, l'isolement, l'arrêt d'une activité qui comptait. Proposer une aide concrète et limitée : chercher ensemble un psychologue conventionné dans l'annuaire, accompagner à un premier rendez-vous, garder les enfants pendant la séance. Rester présent dans la durée, y compris quand la proposition d'aide est refusée. Vous n'avez pas à évaluer une gravité clinique, ni à imposer une démarche.
Certains signaux imposent en revanche une réaction immédiate. Des propos évoquant la mort ou le suicide, un scénario formulé, un don d'objets personnels, un apaisement soudain et inexpliqué après une période de grande souffrance, un état de confusion ou de rupture avec la réalité, un mineur en danger : dans ces cas, on ne mesure pas, on appelle.
- 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, confidentiel, accessible 24h/24 et 7j/7 partout en France. Un professionnel du soin formé à la prévention du suicide répond, depuis l'un des 18 centres répartis sur le territoire. Il s'adresse aussi bien à la personne en souffrance qu'à un proche inquiet.
- 15, Samu, pour une urgence vitale ou un état de détresse aiguë. 112 depuis un téléphone mobile ou dans toute l'Union européenne.
- 119, Allô enfance en danger, pour une situation concernant un mineur.
- 3919, Violences femmes info, pour une situation de violences conjugales ou intrafamiliales.
Parler du suicide avec une personne concernée n'augmente pas le danger, la HAS le précise explicitement dans ses recommandations sur le repérage de la dépression. Poser la question directement, sans détour, ouvre au contraire un espace de parole. Un dispositif comme VigilanS, évalué par Santé publique France, réduit de près de 40 % le risque de réitération suicidaire chez les personnes qui en bénéficient après une tentative, ce qui illustre l'efficacité d'un contact maintenu dans la durée.
Six idées reçues sur Mon soutien psy, corrigées
Les malentendus sur Mon soutien psy freinent le recours autant que le coût. Voici les six plus fréquents, avec la règle applicable.
« Il faut une ordonnance du médecin traitant. » Faux depuis mai 2025. Le décret n° 2025-424 du 13 mai 2025 a supprimé la condition d'adressage. Vous pouvez contacter directement un psychologue conventionné. Passer par un médecin reste possible et souvent utile, ce n'est plus une obligation réglementaire.
« Les séances sont gratuites. » Inexact dans le cas général. L'Assurance Maladie rembourse 60 % des 50 euros, soit 30 euros. Les 20 euros restants relèvent de votre complémentaire santé. La gratuité complète est acquise aux bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, de l'aide médicale d'État, et dans les situations liées à une ALD, à une maternité ou à un accident du travail.
« Le dispositif est réservé aux adultes. » Faux. Mon soutien psy est ouvert dès 3 ans. Les données de l'Assurance Maladie montrent que 22 % des patients ont entre 12 et 25 ans.
« Tous les psychologues acceptent ce dispositif. » Faux, et c'est la source d'erreur la plus coûteuse. Seuls les psychologues ayant signé la convention avec l'Assurance Maladie ouvrent droit au remboursement, soit 7 280 professionnels sur 16 000 éligibles en février 2026. Consultez la fiche officielle de l'Assurance Maladie sur le remboursement des séances et l'annuaire santé pour vérifier avant de prendre rendez-vous.
« Douze séances par an, cela veut dire une tous les mois. » Le rythme se décide avec le psychologue. La moyenne observée est de 6 consultations par patient, très en deçà du plafond, et 82 % des patients réalisent au moins une séance de suivi après l'entretien d'évaluation.
« Consulter laisse une trace dans mon dossier professionnel. » Non. Le secret professionnel s'impose aux psychologues comme aux médecins. La facturation transite par l'Assurance Maladie et, le cas échéant, par votre complémentaire pour le remboursement du ticket modérateur, ce qui ne concerne que des codes d'actes. Le contenu des séances n'est communiqué à personne, ni à votre employeur, ni à votre assureur.
Les ressources publiques françaises à garder sous la main
Plusieurs services publics d'information et d'orientation existent et sont gratuits. Santé mentale info service, que Santé publique France met à disposition et vers lequel renvoie sa campagne nationale de novembre 2025, propose des contenus pédagogiques pour comprendre les troubles, repérer les signes de souffrance et trouver une aide adaptée. Psycom, organisme public d'information sur la santé mentale, publie des fiches sur les troubles, les traitements, les droits des patients et les structures de soins. Le site du numéro national de prévention du suicide rassemble des conseils pour la personne en souffrance, pour un proche inquiet et pour les professionnels.
Côté institutionnel, l'Assurance Maladie tient l'annuaire santé qui identifie les psychologues conventionnés Mon soutien psy et permet de filtrer par commune. La Haute Autorité de santé publie les recommandations de bonne pratique qui fondent les prises en charge. Santé publique France diffuse les données de prévalence et de recours aux soins, dont le Baromètre 2024 publié en novembre 2025.
FAQ : Mon soutien psy, remboursement et démarches
Mon soutien psy est-il vraiment gratuit ?
Pas dans le cas général. La séance coûte 50 euros, l'Assurance Maladie en rembourse 60 %, soit 30 euros, et les 20 euros restants constituent le ticket modérateur pris en charge par votre complémentaire santé si votre contrat le prévoit. La dispense d'avance de frais est acquise aux bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire et de l'aide médicale d'État, ainsi que pour les soins liés à une ALD, à une maternité à partir du 6e mois ou à un accident du travail. Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire n'ont en outre aucun reste à charge.
Faut-il une ordonnance pour se faire rembourser ?
Non. Le décret n° 2025-424 du 13 mai 2025 a supprimé la condition d'adressage par un médecin, une sage-femme ou un professionnel de la médecine scolaire. Vous prenez rendez-vous directement auprès d'un psychologue figurant dans l'annuaire de l'Assurance Maladie. Consulter d'abord votre médecin traitant garde un intérêt clinique, notamment pour écarter une cause somatique, mais aucun document n'est exigé pour ouvrir le remboursement.
Que se passe-t-il après la douzième séance ?
Le forfait se renouvelle au 1er janvier suivant, après concertation entre le médecin et le psychologue, puisque le compteur fonctionne par année civile. Entre-temps, vous pouvez poursuivre chez le même psychologue à son tarif libre, mobiliser le forfait psychologie de votre complémentaire santé, ou vous orienter vers un centre médico-psychologique où le suivi est gratuit et sans plafond de séances.
Ma mutuelle rembourse-t-elle un psychologue non conventionné ?
Cela dépend de votre contrat. Le remboursement du ticket modérateur ne s'applique qu'aux actes conventionnés. Pour une consultation hors dispositif, dont le tarif est libre, seul un forfait psychologie contractuel intervient. Son montant et ses conditions sont propres à chaque assureur : plafond par séance, nombre de séances couvertes, parfois délai de carence la première année. Vérifiez la ligne dédiée de votre tableau de garanties avant d'engager un suivi.
Un enfant de 5 ans peut-il en bénéficier ?
Oui. Mon soutien psy est ouvert dès 3 ans, sans condition de ressources. L'orientation peut passer par le médecin traitant, un pédiatre, un médecin de protection maternelle et infantile ou un médecin scolaire, sans que cette étape soit obligatoire depuis mai 2025. L'enjeu est réel : l'étude ENABEE de Santé publique France établit que 13 % des enfants scolarisés en élémentaire présentent un trouble probable de santé mentale.
Les séances en visioconférence sont-elles remboursées ?
Oui, au même tarif de 50 euros, avec un code de facturation spécifique. Deux règles encadrent cette modalité : l'entretien d'évaluation se déroule obligatoirement en présentiel, et un psychologue conventionné ne peut consacrer plus de 20 % de son activité conventionnée annuelle aux séances à distance. Le distanciel reste minoritaire, avec 3,2 % des séances réalisées de cette façon selon l'Assurance Maladie.
Comment vérifier qu'un psychologue est conventionné ?
Seuls les psychologues ayant signé la charte Mon soutien psy avec l'Assurance Maladie ouvrent droit au remboursement, et tous figurent dans l'annuaire santé publié par l'Assurance Maladie, filtrable par localisation. Vous pouvez également poser la question directement lors de la prise de rendez-vous. En février 2026, 7 280 psychologues sur 16 000 éligibles étaient conventionnés, dont 89 % installés en zone urbaine.
Comment Todopsy vous accompagne dans cette démarche
Todopsy est une plateforme française dédiée à la psychologie, entièrement gratuite, sans publicité ni abonnement. Notre rôle sur ce sujet est de rendre lisible un dispositif public dont les règles ont changé trois fois en quatre ans, puis de vous aider à passer du repérage au premier rendez-vous.
Comprendre avant de choisir. Nos contenus couvrent l'ensemble du champ de la psychologie, des troubles aux approches thérapeutiques en passant par le parcours de soin, avec des sources françaises citées et datées. Cette page pivot ouvre sur les fiches détaillées du hub consacré au remboursement des séances de psychologie.
Être orienté vers le bon professionnel. Notre système de mise en relation associe un algorithme, une couche d'intelligence artificielle et un conseil humain, pour rapprocher votre demande d'un praticien dont l'approche et les disponibilités correspondent. Le service est gratuit et sans commission ; nous ne vendons aucune séance et la relation thérapeutique se noue directement avec le professionnel.
Faciliter la consultation à distance. Nous mettons une plateforme de visioconférence à disposition des psychologues qui souhaitent recevoir leurs patients à distance, sans abonnement ni prélèvement sur leurs honoraires, ce qui compte dans les territoires où la densité de praticiens conventionnés reste faible.
Ne rien vous vendre. Todopsy est une initiative d'intérêt général en phase de démarrage, sans modèle commercial à ce stade. Nous ne facturons ni les lecteurs, ni les praticiens, et nous ne prélevons aucune commission sur les séances. Cette page ne recommande donc aucun prestataire payant en substitution de Mon soutien psy, elle décrit un droit public et les circuits gratuits ou remboursés qui l'entourent.
Pour explorer les autres fiches du parcours, parcourez notre dossier choisir, consulter et être accompagné par un psychologue. Si votre situation relève de l'urgence, contactez le 3114 ou le 15 avant toute autre démarche.
Conclusion
Le dispositif a changé de dimension en quatre ans : 8 séances puis 12 par année civile, un adressage médical d'abord obligatoire puis supprimé, un tarif fixé à 50 euros et un remboursement de 60 % par l'Assurance Maladie. Plus de 1 million de personnes y ont eu recours depuis 2022, pour 5,9 millions de séances prises en charge. Ces chiffres décrivent un dispositif installé, dont les limites sont connues : un taux de conventionnement de 44 %, une concentration urbaine de 89 % des praticiens, et un format court qui convient aux difficultés circonscrites plus qu'aux problématiques anciennes.
La bonne décision dépend de votre situation. Si votre difficulté est identifiée et récente, l'accès direct à un psychologue conventionné est le chemin le plus rapide. Si elle dure depuis des années, si un traitement médicamenteux est en cours ou si l'intensité vous inquiète, le passage par votre médecin traitant ou par un centre médico-psychologique offre un cadre plus adapté. En cas d'idées suicidaires, pour vous ou pour un proche, le 3114 répond 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Mon soutien psy ne remplace ni un diagnostic, ni un suivi psychiatrique, ni une psychothérapie longue. Il lève l'obstacle financier qui écarte encore plus d'une personne concernée sur deux des soins en santé mentale, selon le Baromètre 2024 de Santé publique France. C'est déjà considérable, et cela suffit souvent à enclencher une première démarche. Les fiches détaillées de ce hub reprennent chacun des points abordés ici, de l'éligibilité au tiers payant, pour que vous puissiez engager les démarches liées à Mon soutien psy avec les bonnes informations en main.
À lire également :
- Trouver et consulter un psychologue, le mode d'emploi étape par étape
- Psychologue, psychiatre, psychothérapeute, qui fait vraiment quoi
- Comment choisir son psychologue, méthodes, critères, premiers indices
- Santé mentale des étudiants, dispositifs et repères
- Anxiété, santé et somatisation, quand le corps parle
- Stress, charge mentale et perfectionnisme au travail
Sources :
- Remboursement de séances chez le psychologue : dispositif Mon soutien psy : Assurance Maladie, 6 février 2026.
- Mon soutien psy en chiffres et en mots, état des lieux du dispositif : Assurance Maladie, 13 février 2026.
- Règle de facturation des séances avec tiers payant : Assurance Maladie, 19 septembre 2025.
- Accompagnement avec un psychologue conventionné, Mon soutien psy : Assurance Maladie, 8 octobre 2025.
- Mon soutien psy, 12 séances remboursées, conditions et accès : info.gouv.fr, 8 juillet 2026.
- Évolution du dispositif Mon soutien psy, des séances en plus et un accès simplifié : VIDAL, 20 mai 2025.
- Dépression de l'adulte, repérage et prise en charge initiale : Haute Autorité de santé, 12 juin 2019.
- Résultats du Baromètre 2024 et campagne « À qui ressemble » : Santé publique France, 12 novembre 2025.
- Épisodes dépressifs, prévalence et recours aux soins, Baromètre 2024 : Santé publique France, 12 novembre 2025.
- Le 3114, numéro national de prévention du suicide : Ministère chargé de la santé, 2026.
- Troubles mentaux, principaux repères : Organisation mondiale de la santé, 2025.
- Classification internationale des maladies, onzième révision : Organisation mondiale de la santé, 2025.
- Les patients suivis en psychiatrie, Les établissements de santé en 2023 : DREES, juillet 2025.
- Les rapports d'activité de psychiatrie, RAPSY : DREES, 2025.
- Les centres médico-psychologiques de psychiatrie générale et leur place dans le parcours de soins : rapport IGAS, Vie publique.
- Dépression, mieux la comprendre pour la guérir durablement : Inserm, 6 décembre 2019.
- Analyses et chiffres clés de l'Observatoire, santé mentale : UNICEF France, 2025.
- Santé Psy Étudiant, les rendez-vous psy gratuits : Étudiant.gouv, 2026.
- Mon soutien psy, une campagne nationale pour mieux faire connaître le dispositif : Assurance Maladie, 1er avril 2025.
- Annuaire santé, répertoire public des professionnels de santé : Agence du Numérique en Santé, 2026.
- De nouveaux professionnels enregistrés dans le répertoire RPPS : Agence du Numérique en Santé, 2023.
- Psycom, information publique sur la santé mentale : Psycom, 2026.
- Santé mentale info service : Santé publique France, 2025.