Repères pour reconnaître la situation au quotidien
Une crise de la quarantaine se reconnaît à un faisceau de signes qui se répondent, rarement à un symptôme isolé. Les repères ci-dessous décrivent des manifestations fréquemment rapportées en consultation. Ils ne constituent ni un test ni un diagnostic. Si vous en retrouvez trois simultanément, vous tenez un motif de consultation, sans diagnostic pour autant.
Signes psychologiques les plus rapportés
Le premier repère est la comparaison permanente entre la vie menée et la vie imaginée à 20 ans. L'écart entre les deux nourrit un sentiment d'occasion manquée. La recherche en économie du bien-être documente ce mécanisme : Hannes Schwandt, cité par l'Observatoire du bien-être du CEPREMAP, montre que le deuil des aspirations non réalisées, autour de 45 ans, pèse durablement sur la satisfaction déclarée. Ce deuil des aspirations forme le noyau psychique de nombreuses crises de la quarantaine.
Le deuxième repère est l'irruption du temps compté. La mort d'un parent, un diagnostic médical dans l'entourage ou le départ d'un enfant du domicile transforment une abstraction en échéance. L'Inserm classe précisément ces événements, décès, perte d'emploi, séparation, parmi les situations associées à un risque accru de dépression.
Le troisième repère est l'ambivalence à l'égard d'engagements longtemps tenus pour acquis. Le poste, le logement, le couple deviennent des questions ouvertes. L'Inserm classe la séparation parmi les événements de vie associés à un risque accru de trouble dépressif caractérisé, ce qui rend cette phase de réexamen conjugal particulièrement sensible. La remise en cause du couple accompagne fréquemment les situations de crise de la quarantaine, sans en constituer l'issue obligée.
Signes corporels et comportementaux
L'anxiété de milieu de vie s'exprime fréquemment par le corps avant de s'exprimer par les mots. L'Inserm décrit, pour les troubles anxieux, un tableau associant troubles digestifs, insomnies, fatigue, maux de tête et tensions musculaires, sans cause somatique retrouvée. Les réveils en deuxième partie de nuit et l'angoisse matinale figurent parmi les signes que l'Inserm rattache aussi à l'épisode dépressif caractérisé.
Côté comportement, trois modifications reviennent régulièrement : une accélération des décisions engageantes (démission, achat, rupture) prises en quelques semaines, une hausse de la consommation d'alcool ou de somnifères, et un retrait progressif des activités collectives. L'Inserm note que le risque d'addiction au tabac et à l'alcool augmente chez les personnes souffrant de troubles anxieux, par recherche de substances apaisantes. Une hausse de consommation installée depuis plus de six mois change la nature du problème posé par cette crise de la quarantaine.
Ce qui distingue un passage difficile d'un trouble constitué
Le tableau ci-dessous oppose cinq critères que les praticiens utilisent pour situer une souffrance de mi-vie par rapport à un épisode dépressif caractérisé (EDC), la catégorie diagnostique que retiennent l'Inserm et la Haute Autorité de Santé.
| Critère | Transition de milieu de vie | Épisode dépressif caractérisé |
|---|
| Durée et rythme | Fluctuant, avec des périodes de répit et des journées normales | Symptômes présents presque tous les jours depuis au moins deux semaines (Inserm) |
| Capacité à éprouver du plaisir | Conservée sur certaines activités | Anhédonie, perte d'intérêt y compris pour les activités habituellement plaisantes |
| Retentissement | Travail et vie sociale globalement tenus | Dysfonctionnement social et souffrance personnelle majeurs |
| Idées de mort | Absentes | Idées de mort ou de suicide récurrentes possibles, risque de suicide multiplié par 30 pendant l'épisode (Inserm) |
| Réponse adaptée | Aménagements concrets, soutien de l'entourage, psychothérapie de soutien | Prise en charge structurée, psychothérapie recommandée pour tous les EDC (Inserm) |
La frontière n'est pas étanche. Une transition mal accompagnée bascule vers un EDC, et l'Inserm rappelle que 70 à 80 % des personnes souffrant de troubles anxieux développent ultérieurement des symptômes dépressifs. Ce constat justifie de consulter tôt plutôt que d'attendre un seuil. Toute crise de la quarantaine négligée pendant deux ans coûte davantage de temps de soin qu'une consultation engagée au troisième mois.
Pourquoi la mi-vie fragilise : causes et facteurs de risque
Aucune cause unique n'explique une crise de la quarantaine. Les travaux français convergent vers trois familles de facteurs, dont l'intensité varie fortement d'une personne à l'autre.
Facteurs biographiques
La mi-vie concentre des événements de vie à fort impact psychique. Le vieillissement et la maladie des parents, l'adolescence puis le départ des enfants, la fin d'une trajectoire professionnelle ascendante se cumulent sur une décennie. L'Inserm identifie les événements de vie tels qu'un décès, une perte d'emploi ou une séparation comme associés à un risque accru de trouble dépressif caractérisé, tout en précisant que toutes les personnes exposées ne développent pas la maladie. La densité de ces événements entre 40 et 55 ans explique en partie pourquoi la crise de la quarantaine porte ce nom.
Le rôle d'aidant s'ajoute fréquemment à cette période. L'Unafam, qui accompagne l'entourage des personnes vivant avec des troubles psychiques depuis près de soixante ans, comptabilise environ 15 000 familles adhérentes, près de 2 000 bénévoles et 99 délégations départementales. Son baromètre 2023 relève que 85 % des répondants estiment que leur proche accède difficilement à au moins un de ses droits fondamentaux, qu'il s'agisse des soins, de l'accompagnement ou de l'emploi. Devenir aidant de ses parents pendant sa propre crise de la quarantaine double la charge psychique.
Facteurs professionnels et économiques
Les économistes du CEPREMAP documentent un paradoxe frappant. Le point bas de satisfaction à l'égard du niveau de vie, situé entre 45 et 60 ans, coïncide avec le moment où le revenu disponible atteint son maximum. L'explication avancée tient à la comparaison sociale : l'inégalité de revenus mesurée au sein d'une même classe d'âge culmine précisément entre 40 et 60 ans. La concurrence pour les positions relatives atteint son sommet au milieu de la vie, et pèse sur la satisfaction déclarée. La comparaison entre pairs constitue ainsi l'un des moteurs les plus documentés en matière de crise de la quarantaine.
Le chômage frappe plus durement à cet âge. Toujours selon la même note, l'écart de satisfaction entre personnes en emploi et personnes au chômage est maximal entre 45 et 50 ans, classe d'âge où l'échantillon compte 8,5 % de chômeurs contre 2,5 % chez les 60-65 ans. La Fondation Pierre Deniker, qui a conduit une étude épidémiologique représentative de la population active française, identifie de son côté le déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle comme le facteur de risque psychosocial le plus fortement associé à une détresse évocatrice d'un trouble mental.
Santé publique France apporte en 2024 un éclairage professionnel supplémentaire : les télétravailleurs, les employés et les professions intermédiaires sont davantage concernés par la survenue d'un épisode dépressif caractérisé dans l'année, et plus de la moitié des agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise et ouvriers ayant vécu un tel épisode ne sont pas pris en charge.
Facteurs de vulnérabilité individuelle
La vulnérabilité personnelle module tout le reste. L'Inserm indique qu'un individu présente deux à quatre fois plus de risque de trouble dépressif au cours de sa vie lorsque l'un de ses parents en a des antécédents, sans que cette prédisposition suffise à elle seule. Les traumatismes précoces, notamment affectifs ou sexuels, survenus pendant l'enfance, comptent parmi les facteurs de risque documentés. Ce que la personne a construit à l'adolescence et au début de l'âge adulte pèse ici : les repères posés dans notre guide sur la psychologie de l'adolescent éclairent la manière dont une identité se stabilise, ou reste en attente.
Les antécédents personnels comptent également. L'Inserm rappelle que les épisodes dépressifs caractérisés isolés sont rares : ils récidivent chez 80 % des patients. Une personne qui a traversé un épisode à 25 ans aborde la quarantaine avec un risque plus élevé, ce qui justifie une vigilance particulière et un suivi plus précoce. Un antécédent dépressif transforme la lecture de toute crise de la quarantaine ultérieure.
Le couple, la famille et l'amitié à l'épreuve de la mi-vie
Une crise de la quarantaine se joue rarement en solitaire. Elle traverse le couple, la relation aux enfants, le lien aux parents vieillissants et le cercle amical, dans la même période de deux à trois ans. Cette section décrit les points de friction documentés et les leviers qui tiennent.
Le couple, premier terrain d'expression
Le CEPREMAP relève que le sentiment d'avoir quelqu'un sur qui compter atteint son point bas entre 45 et 60 ans, dans le même intervalle que la satisfaction à l'égard du niveau de vie. Cette érosion du soutien perçu se joue d'abord dans le couple, au moment où la charge professionnelle et familiale culmine. La période produit fréquemment une renégociation du contrat conjugal, sans issue prédéterminée.
Trois motifs de friction reviennent en consultation. Le premier tient à la répartition de la charge domestique et parentale, qui devient intenable quand l'un des deux conjoints réévalue son emploi du temps. Le deuxième tient à la divergence des rythmes : l'un veut accélérer et changer, l'autre veut consolider. Le troisième tient à la vie sexuelle, modifiée par la fatigue, par certains traitements et par les transformations physiologiques de la ménopause et de l'andropause.
Le CEPREMAP apporte sur ce point un élément rarement cité. Le sentiment d'avoir quelqu'un sur qui compter figure parmi les mesures de satisfaction qui atteignent leur point bas entre 45 et 60 ans. La solitude relationnelle progresse au moment précis où le besoin de soutien augmente, ce qui éclaire la fréquence des demandes de thérapie de couple en pleine crise de la quarantaine.
Un point de méthode mérite d'être posé. Une thérapie de couple engagée pendant que l'un des deux conjoints traverse un EDC non traité produit peu d'effet. L'Inserm décrit un mécanisme précis : l'entourage tend à vouloir raisonner la personne déprimée alors que la pathologie l'en empêche. Traiter l'épisode d'abord, travailler la relation ensuite, reste l'ordre retenu par les praticiens face à cette crise de la quarantaine.
Les enfants, entre adolescence et départ du domicile
La quarantaine parentale coïncide fréquemment avec l'adolescence des enfants. Deux réaménagements identitaires se superposent alors sous le même toit, l'un tourné vers l'ouverture des possibles, l'autre vers leur réduction. Les repères réunis dans notre guide sur la psychologie de l'adolescent aident à distinguer ce qui appartient à l'adolescent de ce qui appartient au parent en pleine crise de la quarantaine.
Le départ du domicile constitue l'autre bascule. Ce départ figure, avec le vieillissement et la mort des parents, parmi les événements que la littérature associe au déclenchement d'une remise en question de milieu de vie. La perte d'un rôle quotidien structurant libère un temps que les parents n'ont pas toujours prévu d'occuper, et remet en circulation des questions laissées de côté quinze ans plus tôt.
Les parents vieillissants et l'inversion des rôles
La mi-vie est aussi l'âge où l'on devient aidant de ses propres parents. L'Unafam, qui accompagne l'entourage des personnes vivant avec des troubles psychiques, documente une charge mentale spécifique dans son baromètre annuel : 85 % des répondants de l'édition 2023 estiment que leur proche accède difficilement à au moins un de ses droits fondamentaux. Cumuler ce rôle d'aidant avec une activité professionnelle et des enfants au domicile constitue un facteur d'épuisement identifié, et l'un des déclencheurs les plus fréquents d'une crise de la quarantaine.
Les amitiés qui se raréfient
Le réseau amical se contracte entre 35 et 50 ans, sous l'effet des horaires, des mobilités professionnelles et de la charge familiale. Le CEPREMAP mesure le point bas de la satisfaction à l'égard du temps libre autour de 35 ans, au moment de la parentalité, avec une très forte remontée après 60 ans. Reconstituer deux ou trois liens réguliers constitue une action concrète, mesurable, et directement branchée sur les mesures de satisfaction qui creusent à cet âge.
Travail, carrière et sens : ce qui bascule entre 40 et 55 ans
Le travail concentre une part majeure des symptômes attribués à cette crise de la quarantaine. Les données françaises permettent de séparer ce qui relève d'une perception et ce qui relève d'une réalité mesurée.
Le plafond de verre intérieur
Vers 45 ans, la trajectoire professionnelle cesse d'apparaître ouverte pour une partie des salariés. Le CEPREMAP relie ce moment au deuil des aspirations, mécanisme décrit par l'économiste Hannes Schwandt : les attentes formées à 25 ans se heurtent au bilan réel, et l'ajustement psychique prend plusieurs années. La même note relève que la satisfaction à l'égard du travail reste stable autour de 7,25 sur 10 entre 25 et 55 ans, avant d'augmenter fortement au-delà, en partie par effet de sélection des personnes qui restent en emploi.
Le chômage aggrave nettement le tableau à cet âge. L'écart de satisfaction entre personnes en emploi et personnes au chômage culmine entre 45 et 50 ans, classe d'âge où l'échantillon du CEPREMAP compte 8,5 % de chômeurs contre 2,5 % chez les 60-65 ans. Une perte d'emploi survenant en pleine crise de la quarantaine cumule donc deux effets négatifs documentés séparément.
Le sens du travail, une dimension qui résiste
Le sentiment de mener une vie qui a du sens suit une trajectoire quasiment plate entre 25 et 45-50 ans dans les enquêtes exploitées par le CEPREMAP. Cette stabilité contredit l'idée d'une perte de sens généralisée à la quarantaine. Ce qui baisse à cet âge est la satisfaction à l'égard du niveau de vie et le sentiment d'avoir été heureux la veille, deux mesures distinctes du sens.
Cette distinction porte une conséquence pratique. Une personne qui déclare ne plus trouver de sens à ce qu'elle fait décrit fréquemment une insatisfaction de conditions, de reconnaissance ou de comparaison sociale, plutôt qu'une perte du sentiment d'utilité. Identifier laquelle des deux dimensions est touchée oriente la suite : aménagement du poste, mobilité interne, ou réorientation profonde. Cette clarification constitue le premier travail engagé en psychothérapie durant cette crise de la quarantaine.
Trois vérifications avant de démissionner
La Fondation Pierre Deniker, dont le comité scientifique est présidé par le psychiatre Patrick Légeron, identifie le déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle comme le facteur de risque psychosocial le plus fortement associé à une détresse évocatrice d'un trouble mental. Ce résultat désigne d'abord une variable d'organisation, modifiable sans changer de métier.
- Vérifier l'état psychique avant la décision. Une démission décidée pendant un EDC non traité repose sur un jugement altéré par la maladie : l'Inserm décrit un pessimisme majeur et une perte de l'estime de soi parmi les symptômes constitutifs de l'épisode.
- Chiffrer l'hypothèse. Revenu visé, durée de la transition, trésorerie disponible, droits ouverts : poser les nombres avant la décision réduit la part de fantasme dans le projet.
- Tester à petite échelle. Un projet mené six mois en parallèle de l'emploi actuel informe mieux qu'une rupture immédiate, et coûte beaucoup moins cher en cas d'erreur d'appréciation. Ces trois vérifications valent pour toute crise de la quarantaine à dominante professionnelle.
Niveaux de sévérité, seuils d'alerte et pose du diagnostic
Situer le niveau de sévérité conditionne toute la suite du parcours. Trois niveaux se distinguent en pratique, avec des seuils d'alerte explicites.
Niveau 1 : traversée inconfortable sans trouble constitué
La personne dort mal quelques nuits par semaine, rumine sur ses choix, se sent irritable, et continue de travailler, de voir ses proches et d'éprouver du plaisir sur certaines activités. Aucun critère diagnostique n'est rempli. Une psychothérapie de soutien, un aménagement du rythme de travail et une reprise d'activité physique constituent la réponse proportionnée à cette forme de crise de la quarantaine. L'Inserm désigne d'ailleurs une bonne hygiène de vie, rythmes réguliers, sommeil, alimentation équilibrée et activité physique, comme traitement de première intention des troubles anxieux.
Niveau 2 : épisode dépressif ou anxieux caractérisé
Le seuil diagnostique de l'EDC est précis. L'Inserm le formule ainsi : une humeur dépressive ou une perte de l'élan vital, associée à au moins quatre autres symptômes parmi l'anxiété permanente, le ralentissement psychomoteur, la fatigue, la perte d'appétit, les troubles du sommeil et les troubles de l'attention, présents tous les jours depuis au moins deux semaines, avec retentissement et souffrance associés. En 2024, Santé publique France mesure que 15,6 % des adultes de 18 à 79 ans ont vécu un tel épisode, avec un pic d'épisodes sévères chez les 40-49 ans à 7,1 %.
Du côté anxieux, la Haute Autorité de Santé, citée par l'Inserm, estime que 15 % des adultes de 18 à 65 ans présentent des troubles anxieux sévères sur une année donnée et que 21 % en présenteront au cours de leur vie. Le trouble anxieux généralisé concerne 2,1 % de la population sur un an et 6 % sur la vie entière. Les praticiens s'appuient sur des questionnaires standardisés comme le GAD-7 (General Anxiety Disorder, 7 items), un auto-questionnaire de dépistage de l'anxiété généralisée en sept questions.
Ces outils gardent une limite que les praticiens rappellent systématiquement. Un auto-questionnaire mesure une intensité déclarée à un instant donné, sans distinguer un pic passager d'un trouble installé. L'Inserm insiste sur le caractère indispensable de l'entretien clinique complet, qui recherche le type de troubles ressentis, leur intensité et leur fréquence, les antécédents et leur date de début, les comorbidités, la consommation de psychotropes et le retentissement sur la vie familiale, sociale et professionnelle. Un score élevé obtenu en ligne en pleine crise de la quarantaine constitue une raison de consulter. Il n'établit aucun diagnostic. L'Inserm signale également que de nombreuses personnes souffrant de troubles anxieux ne demandent pas d'aide, parce qu'elles ne reconnaissent pas leur inquiétude comme excessive ou l'attribuent à l'âge.
Niveau 3 : urgence psychiatrique
Les idées de mort récurrentes, un projet suicidaire, une agitation majeure, un état de sidération ou une consommation d'alcool devenue quotidienne relèvent de l'urgence. L'Inserm chiffre le risque : la probabilité de suicide est multipliée par 30 pendant un épisode dépressif, et 10 à 20 % des personnes souffrant de cette maladie meurent par suicide. Santé publique France indique que près de trois décès par suicide sur quatre concernent des hommes. L'Inserm ajoute que la première cause de décès des personnes déprimées reste cardiovasculaire, la dépression conduisant fréquemment à négliger sa santé.
Qui pose le diagnostic, et sur quelle base ?
Le diagnostic d'un trouble mental relève du médecin, généraliste ou psychiatre. Santé publique France confirme que le médecin généraliste reste le premier point de contact des personnes concernées par un épisode dépressif. Le psychologue, lui, réalise une évaluation psychologique, conduit un entretien clinique et propose une psychothérapie, sans prescrire de traitement médicamenteux.
Le titre de psychologue est protégé en France. Le Syndicat national des psychologues rappelle que l'usage professionnel de ce titre est encadré par l'article 44 de la loi 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social, et que toute personne autorisée à en faire usage doit faire enregistrer son diplôme auprès de l'agence régionale de santé. Cet enregistrement figure désormais au RPPS (Répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé), après avoir été porté au répertoire ADELI. Le numéro RPPS d'un praticien se vérifie librement sur l'annuaire santé du service public.
Quelles approches thérapeutiques sont validées en France ?
Les recommandations françaises hiérarchisent clairement les réponses selon l'intensité des symptômes. Cette section décrit ce que les autorités sanitaires valident, et ce qu'elles écartent.
Les psychothérapies structurées
La Haute Autorité de Santé, dans sa recommandation de bonne pratique « Épisode dépressif caractérisé de l'adulte : prise en charge en premier recours » publiée en octobre 2017, place la psychothérapie de soutien en première intention pour les épisodes dépressifs d'intensité légère à modérée. La prise en charge associe cette psychothérapie de soutien ou une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), une méthode structurée qui traite les difficultés dans l'ici et maintenant par des exercices centrés sur les comportements observables, à une activité physique et sociale et à une information du patient.
L'Inserm formule la même orientation pour les troubles anxieux : la TCC permet d'apprendre à gérer l'anxiété en modifiant pensées, peurs et croyances, grâce à des expositions progressives aux situations redoutées dans un contexte sécurisé. L'EMDR (eye movement desensitization and reprocessing), technique de remédiation cognitive fondée sur les mouvements oculaires, présente selon l'Inserm une certaine efficacité, en particulier sur les situations à composante traumatique.
Pour l'épisode dépressif caractérisé, l'Inserm est catégorique sur un point : la psychothérapie est recommandée pour le traitement de tous les épisodes dépressifs caractérisés. Cette recommandation vaut quelle que soit la sévérité, et se combine aux autres traitements quand ceux-ci sont indiqués.
L'hygiène de vie, premier levier documenté
L'Inserm désigne une bonne hygiène de vie comme traitement de première intention des troubles anxieux : rythmes réguliers, sommeil, alimentation équilibrée, activité physique. Le même dossier précise honnêtement la limite de ce levier : l'activité physique intense et les activités créatives canalisent l'anxiété sans suffire dans la majorité des situations, ce qui impose alors une prise en charge thérapeutique. Présenter le sport comme une réponse complète à cette crise de la quarantaine reviendrait à retarder l'accès aux soins.
Ce que disent les autorités sur les traitements médicamenteux
La Haute Autorité de Santé recommande aux médecins de ne pas prescrire d'antidépresseur pour traiter un épisode dépressif caractérisé d'intensité légère. Pour un épisode d'intensité modérée, un antidépresseur peut être associé à la psychothérapie selon l'évaluation clinique du médecin et le choix du patient. Concernant les anxiolytiques, l'Inserm signale des effets indésirables sévères avec un risque de dépendance, ce qui explique des prescriptions sur des durées courtes.
Ces éléments sont fournis à titre d'information sur les classes thérapeutiques et leurs risques. Toute décision de traitement appartient au médecin qui suit la personne. Aucune information de cette page ne remplace une consultation, et aucune crise de la quarantaine ne se traite par autodiagnostic.
Les approches humanistes, existentielles et corporelles
La question du sens occupe une place centrale dans cette crise de la quarantaine, et les approches qui la travaillent frontalement méritent d'être nommées. Les thérapies humanistes, les approches existentielles issues des travaux sur la finitude et le projet, l'analyse des rêves en cadre psychodynamique, les pratiques de pleine conscience et les approches corporelles répondent à des demandes que les protocoles centrés sur les symptômes ne couvrent pas entièrement.
Leur niveau de preuve varie selon les approches et selon les indications, et la littérature d'évaluation reste plus fournie pour la thérapie cognitivo-comportementale que pour les approches existentielles. Ce constat situe l'état actuel des données d'évaluation, sans hiérarchiser les pratiques entre elles. Le critère utile pour vous reste le même dans tous les cas : le praticien détient un titre vérifiable, il annonce sa méthode, il pose une durée prévisible, et il oriente vers un médecin quand les symptômes dépassent son champ.
L'Inserm rappelle un élément qui vaut pour toutes les approches : la qualité de la prise en charge, c'est-à-dire la nature des traitements mis en œuvre et leur suivi effectif, détermine le pronostic du trouble dépressif caractérisé. La régularité des séances pèse davantage que le nom de la méthode retenue pour traiter cette crise de la quarantaine.
Ce que les données ne valident pas
Trois réponses fréquemment proposées manquent de socle probant sur ce sujet précis : les stages de développement personnel non encadrés, les compléments alimentaires présentés comme antidépresseurs, et les décisions de rupture prises dans l'urgence sous le seul effet du soulagement immédiat. L'Inserm rappelle qu'en l'absence de prise en charge, un épisode dépressif caractérisé se résout spontanément en 6 à 12 mois dans certains cas, ce qui rend difficile l'attribution d'une amélioration à une méthode non évaluée.
Parcours de soin : du médecin traitant au CMP, étape par étape
Le système français propose quatre portes d'entrée. Leur coût, leur délai et leur usage diffèrent nettement.
Sept étapes pour engager un parcours de soin
- Nommez votre demande. Écrivez en trois phrases ce qui a changé chez vous depuis six mois : sommeil, plaisir, travail, relations. Ce texte sert de support au premier entretien et évite de repartir avec un « tout va à peu près ». Trois phrases écrites font gagner dix minutes sur un entretien qui en dure trente.
- Consultez votre médecin traitant. Santé publique France le désigne comme premier point de contact. Il évalue, écarte une cause somatique, oriente et rédige un arrêt de travail si l'état le justifie.
- Choisissez votre voie d'accès psychologique. Trois options coexistent : le dispositif Mon Soutien Psy, un psychologue libéral hors dispositif, ou le centre médico-psychologique de secteur.
- Vérifiez le titre du praticien. Vous contrôlez son numéro RPPS en trente secondes sur l'annuaire santé, comme le rappelle le Syndicat national des psychologues.
- Posez le cadre dès la première séance. Fréquence, durée prévisible, méthode employée, tarif : vous discutez ces quatre points d'emblée.
- Réévaluez à six à huit semaines. L'Inserm indique que l'amélioration des symptômes sous traitement médicamenteux s'observe après un minimum de 2 à 4 semaines, et qu'une réponse s'apprécie après 8 semaines de traitement bien conduit. Le même ordre de grandeur s'applique à l'évaluation d'un suivi psychothérapeutique.
- Élargissez si le blocage persiste. Un avis psychiatrique, un CMP ou un centre expert prennent le relais quand les symptômes résistent.
Le dispositif Mon Soutien Psy en pratique
Mon Soutien Psy est le dispositif de l'Assurance Maladie qui finance l'accès à un psychologue conventionné. Il ouvre jusqu'à 12 séances par an chez un psychologue partenaire ayant signé une convention avec l'Assurance Maladie. La séance est facturée 50 euros et remboursée à 60 % par l'Assurance Maladie, selon la page Mon soutien psy d'ameli.fr mise à jour le 6 février 2026. Le dispositif s'adresse à toute personne dès 3 ans qui se sent angoissée, déprimée ou éprouve un mal-être, ce qui couvre précisément le registre de crise de la quarantaine sans trouble sévère. L'annuaire des psychologues conventionnés est consultable directement sur ameli.fr, où figurent également les modalités d'accès à jour. La part complémentaire reste à la charge du patient ou de sa mutuelle.
Comparatif des quatre voies d'accès en France
| Voie d'accès | Coût pour la personne | Délai constaté | Ce qu'elle apporte |
|---|
| Médecin traitant | Tarif conventionné de la consultation, pris en charge par l'Assurance Maladie dans le parcours de soins coordonnés | Variable selon la disponibilité du cabinet | Évaluation initiale, élimination d'une cause somatique, orientation, arrêt de travail |
| Mon Soutien Psy | 50 € la séance, remboursée à 60 %, jusqu'à 12 séances par an (ameli.fr, 2026) | Dépend du psychologue conventionné choisi | Accompagnement psychologique du mal-être, de l'anxiété et des symptômes dépressifs légers à modérés |
| Psychologue libéral hors dispositif | Honoraires libres, sans remboursement par l'Assurance Maladie | Généralement court | Libre choix de l'approche, de la durée et du rythme du suivi |
| Centre médico-psychologique (CMP) | Gratuit, financé par l'Assurance Maladie | Délai médian de 61 jours pour un psychologue et de 74 jours pour un psychiatre dans les Hauts-de-France (F2RSM Psy, 2024) | Équipe pluridisciplinaire, suivi au long cours, articulation avec l'hôpital |
Ce qu'est un CMP, et pourquoi les délais s'allongent
Le centre médico-psychologique (CMP) est la structure publique de secteur qui assure gratuitement consultations, évaluations et suivis psychiatriques et psychologiques de proximité. Le rapport d'information du Sénat « Santé mentale et psychiatrie : pas de grande cause sans grands moyens », déposé le 25 juin 2025 par Jean Sol, Daniel Chasseing et Céline Brulin, dénombre 2 934 CMP en France en 2023, dont 1 630 pour adultes et 1 304 pour enfants. Une circulaire de 1990 en fait le pivot du dispositif de soins de secteur.
La saturation est documentée. Le même rapport sénatorial relève que le nombre de patients pris en charge par les dispositifs ambulatoires de la psychiatrie sectorielle avoisinait 1,6 million en 2017, soit une multiplication par trois depuis 1989, et que les CMP sont contraints de trier les patients pour traiter d'abord les situations urgentes. Une enveloppe de 56 millions d'euros a été annoncée en 2021 pour les renforcer, assortie de 800 postes en équivalent temps plein sur trois ans, dont le taux de pourvoi n'est pas connu selon le délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie.
L'accès à un psychiatre dépend aussi fortement du département. Le rapport sénatorial recense 15 582 psychiatres en France au 1er janvier 2023 et décrit une densité allant de 5,5 psychiatres actifs pour 100 000 habitants dans l'Indre à 69 dans la ville de Paris, d'après les cartes du Conseil national de l'Ordre des médecins arrêtées au 1er janvier 2025. Ce même rapport identifie le coût d'un suivi par un psychologue libéral comme le principal frein au recours aux soins de ville. Dans un département sous-doté, la voie d'entrée réaliste face à cette crise de la quarantaine passe d'abord par le médecin traitant et par Mon Soutien Psy.

Trois trajectoires de mi-vie, situations types chiffrées
Les trois situations qui suivent sont des cas types reconstitués à visée pédagogique, sans lien avec une personne identifiable. Elles illustrent comment les mêmes repères, appliqués à toute crise de la quarantaine, conduisent à trois orientations différentes.
Situation type 1 : un cadre de 44 ans, insomnie et perte d'élan
Un homme de 44 ans, cadre commercial, dort quatre à cinq heures par nuit depuis quatre mois avec des réveils à 4 heures, a cessé de voir ses amis et conserve du plaisir au sport le week-end. Il travaille, sans arrêt maladie. Le tableau relève du niveau 1 décrit plus haut. Orientation retenue : consultation du médecin traitant pour éliminer une cause somatique, puis six séances dans le cadre de Mon Soutien Psy, à 50 € la séance remboursée à 60 %, reste à charge de 20 € par séance avant intervention de la complémentaire. Réévaluation à huit semaines. Si l'insomnie persiste au terme des six séances, une réévaluation médicale s'impose avant d'envisager la suite, l'insomnie chronique figurant parmi les symptômes constitutifs de l'EDC décrits par l'Inserm.
Situation type 2 : une infirmière de 47 ans, séparation et effondrement
Une femme de 47 ans, infirmière, se sépare après dix-huit ans de vie commune, perd 6 kilos en deux mois, ne trouve plus de plaisir à rien et pleure quotidiennement depuis cinq semaines. Elle réunit les critères de l'EDC décrits par l'Inserm : perte de l'élan vital, troubles du sommeil, perte d'appétit, fatigue, troubles de la concentration, tous les jours depuis plus de deux semaines. Orientation retenue : consultation médicale rapide, psychothérapie engagée sans attendre puisque l'Inserm la recommande pour tous les EDC, décision médicamenteuse laissée au médecin selon la sévérité évaluée. Un arrêt de travail est discuté avec le médecin traitant, que Santé publique France identifie comme le premier point de contact des personnes concernées. Un CMP est sollicité en parallèle si le suivi doit s'inscrire dans la durée, en anticipant un délai médian de 61 jours pour un rendez-vous avec un psychologue selon l'enquête F2RSM Psy de 2024. Le tableau relève ici du niveau 2 décrit plus haut, avec un trouble constitué qui appelle des soins.
Situation type 3 : un artisan de 52 ans, alcool et idées noires
Un homme de 52 ans, artisan installé en zone rurale, augmente sa consommation d'alcool depuis un an, évoque devant sa compagne l'idée que « tout serait plus simple sans lui », et refuse de consulter. Ce tableau relève du niveau 3. Santé publique France relève que plus de la moitié des artisans, commerçants et chefs d'entreprise ayant vécu un épisode dépressif dans l'année ne sont pas pris en charge, et que les taux de suicide masculins sont les plus élevés après 45 ans. Orientation retenue : appel immédiat au 3114 par la compagne pour être conseillée sur la conduite à tenir, puis contact du médecin traitant. En cas de danger vital, le 15. Le refus de consulter, fréquent dans ce profil, se contourne en passant par le médecin traitant que la personne connaît déjà, plutôt qu'en imposant d'emblée un psychiatre. La densité de psychiatres en zone rurale renforce cette contrainte : le rapport sénatorial de juin 2025 décrit un écart de 5,5 à 69 psychiatres actifs pour 100 000 habitants selon les départements.
La place des proches, sans endosser le rôle de soignant
L'entourage occupe une position décisive et fragile. L'Inserm souligne qu'il n'existe pas d'épisode dépressif caractérisé sans retentissement sur les proches, et décrit un mécanisme précis : les aidants ressentent un manque de réaction chez la personne déprimée et tendent à vouloir la raisonner, alors que la pathologie l'empêche justement de réagir. Comprendre ce point désamorce une bonne part des conflits qui accompagnent cette crise de la quarantaine.
Quatre postures aident concrètement. Nommer ce qui est observé, en s'en tenant aux faits : les heures de sommeil, les repas sautés, les sorties annulées. Proposer un accompagnement matériel plutôt qu'un conseil : prendre le rendez-vous, garder les enfants pendant la consultation, conduire au cabinet. Maintenir le lien sans exiger de résultat, en acceptant des refus répétés. Passer le relais à un professionnel dès que la situation dépasse ce que l'entourage peut porter.
Deux postures aggravent la situation. La première consiste à endosser le rôle de thérapeute, en menant des entretiens improvisés qui installent une dépendance sans cadre. La seconde consiste à disparaître, par crainte de mal faire. L'isolement figure parmi les facteurs d'exposition identifiés par Santé publique France en 2024, aux côtés de la précarité. Le retrait de l'entourage aggrave donc mécaniquement cette crise de la quarantaine qu'il cherchait à ne pas envenimer.
Les proches disposent de ressources dédiées. L'Unafam, avec ses 99 délégations départementales et ses 350 sites d'accueil de proximité, accueille, écoute et informe les familles concernées par des troubles psychiques. La FNAPSY, Fédération nationale des associations d'usagers en psychiatrie, créée le 1er mars 1992, rassemble 59 associations représentant environ 5 000 usagers, toutes dirigées par des usagers eux-mêmes. Un proche épuisé a besoin d'un interlocuteur pour lui-même, distinct de celui de la personne concernée. Accompagner cette crise de la quarantaine sur deux ans use, et cette usure se prépare.
Quand des enfants vivent au domicile, la traversée parentale les atteint. Les repères réunis dans notre guide sur la psychologie de l'enfant aident à distinguer une inquiétude passagère d'un signal qui appelle une consultation.
Ce qu'un proche peut dire, concrètement
Trois formulations ouvrent la conversation sans enfermer la personne dans une étiquette. Décrire un fait observable : « tu te réveilles à 4 heures depuis deux mois ». Poser une question fermée sur un point précis : « est-ce que tu arrives encore à manger le midi ? ». Proposer une action datée : « je peux appeler le cabinet demain matin ». Ces trois formes évitent le diagnostic improvisé, qui relève des professionnels de santé, et l'injonction générale à aller mieux.
Sur les idées suicidaires, la question se pose directement et sans détour, ce qui permet d'évaluer le degré d'urgence. Le 3114 conseille les proches sur la conduite à tenir, y compris quand la personne concernée refuse d'appeler elle-même. Une promesse de secret ne se donne pas dans cette situation.
Se protéger soi-même pendant la traversée
Un proche qui accompagne une crise de la quarantaine s'expose à un épuisement propre. Trois garde-fous limitent ce risque : gardez un espace personnel non consacré à la situation, désignez un interlocuteur extérieur pour vous-même, et fixez une limite explicite à ce que vous prenez en charge. L'Unafam et la FNAPSY existent précisément pour offrir cet interlocuteur, et leur accueil ne conditionne pas l'écoute à un diagnostic posé chez la personne accompagnée.
Signaux d'urgence et orientation immédiate
Certains signes imposent une réaction le jour même, sans attendre de rendez-vous. Les idées de mort récurrentes, un projet suicidaire même vague, un scénario précis ou un don d'objets personnels appellent une intervention immédiate. Un état de confusion, des propos incohérents, une perte de contact avec la réalité ou une agitation majeure relèvent également de l'urgence, tout comme une intoxication alcoolique associée à des idées noires. Ces signaux sortent du champ de la crise de la quarantaine ordinaire et appellent une réponse immédiate.
Numéros à composer en France
- 3114, numéro national de prévention du suicide, lancé le 1er octobre 2021, gratuit, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 en métropole et en outre-mer. Il a reçu 34 000 appels durant ses quatre premiers mois, selon les chiffres du ministère de la Santé communiqués en février 2022, et 10 à 15 % de ces appels débouchent sur une prise en charge du Samu. Le 3114 répond aussi aux proches inquiets.
- 15, Samu, en cas d'urgence vitale ou de danger immédiat.
- 112, numéro d'urgence européen, utilisable depuis tout téléphone.
- 119, Allô Enfance en danger, quand un mineur est exposé.
- 3919, Violences Femmes Info, en situation de violences conjugales.
Trois consignes valent dans l'attente d'une intervention. Restez avec la personne ou organisez une présence continue. Mettez à distance les moyens létaux accessibles au domicile, en particulier les médicaments et les armes. Évitez la discussion argumentée sur les raisons de vivre, qui installe une confrontation, et privilégiez des questions simples sur ce qui se passe maintenant.
Un passage aux urgences reste possible à toute heure. Le rapport sénatorial de juin 2025 mentionne les centres renforcés d'urgences psychiatriques, qui permettent des hospitalisations psychiatriques courtes gérées par des psychiatres pour les patients orientés en urgence.
Six mythes sur la crise de la quarantaine, mise au point factuelle
Mythe 1 : tout le monde traverse une crise de la quarantaine. Aucune enquête française ne publie de prévalence de la crise de la quarantaine, faute de définition opérationnelle partagée entre chercheurs. Le CEPREMAP montre par ailleurs que plusieurs dimensions du ressenti, dont le sentiment de mener une vie qui a du sens, ne creusent pas au milieu de la vie. Les baisses observées portent sur la satisfaction à l'égard du niveau de vie et sur le fait de s'être senti heureux la veille, sans concerner l'ensemble d'une génération.
Mythe 2 : c'est un diagnostic médical. Aucune classification internationale ne retient la crise de la quarantaine comme trouble. Les catégories utilisées par les praticiens français sont l'épisode dépressif caractérisé, les six types de troubles anxieux décrits par l'Inserm, et les troubles de l'adaptation. L'expression « crise de la quarantaine » décrit un vécu. Les catégories diagnostiques servent à orienter un traitement.
Mythe 3 : cela concerne surtout les hommes. Santé publique France identifie en 2024 les femmes, les jeunes adultes et les personnes précaires ou isolées comme les plus exposés à l'épisode dépressif caractérisé, et mesure une gravité plus forte chez les femmes et chez les adultes de 18 à 59 ans. L'Inserm relève une fréquence des troubles anxieux deux fois plus élevée chez la femme que chez l'homme. Les hommes se distinguent sur le renoncement aux soins, avec 54 % d'entre eux sans prise en charge après un épisode, et sur la mortalité par suicide, qui concerne près de trois décès sur quatre.
Mythe 4 : il faut tout changer pour aller mieux. Aucune donnée n'établit qu'une rupture professionnelle ou conjugale améliore par elle-même la santé mentale. Le CEPREMAP documente au contraire l'effet durablement négatif du chômage sur la satisfaction de vie, effet maximal entre 45 et 50 ans. Une décision de rupture prise pendant un EDC se heurte de surcroît à un obstacle décrit par l'Inserm : le pessimisme majeur et la perte de l'estime de soi font partie des symptômes de la maladie, et faussent l'évaluation des options disponibles.
Mythe 5 : le temps arrangera les choses. L'Inserm indique que les épisodes dépressifs caractérisés récidivent chez 80 % des patients, et que la qualité de la prise en charge détermine le pronostic. Attendre expose au risque de rechute et de chronicité.
Mythe 6 : consulter coûte trop cher. Le CMP est gratuit, Mon Soutien Psy limite le reste à charge à 20 euros par séance avant intervention de la complémentaire, et la consultation du médecin traitant est prise en charge par l'Assurance Maladie dans le parcours de soins coordonnés. Le rapport sénatorial de 2025 confirme néanmoins que le coût d'un suivi libéral non conventionné reste le principal frein au recours, ce qui rend le choix de la voie d'accès déterminant. Comparez les quatre portes d'entrée avant de renoncer : un abandon fondé sur un seul tarif observé vous coûte du temps de soin. Le coût ne constitue donc pas un obstacle infranchissable devant cette crise de la quarantaine.
Ressources françaises à contacter
Les organisations suivantes proposent information, écoute ou orientation, sans conditionner l'accès à une adhésion. Elles couvrent trois besoins distincts : comprendre, être écouté, trouver un professionnel. Aucune ne remplace une consultation, et toutes sont accessibles depuis n'importe quel département français, quelle que soit l'intensité de la crise de la quarantaine traversée.
- Ameli.fr, pour l'annuaire des psychologues conventionnés Mon Soutien Psy et les conditions de remboursement à jour.
- Psycom, organisme public national d'information sur la santé mentale et de lutte contre la stigmatisation, cité comme ressource par l'Inserm dans ses dossiers Dépression et Troubles anxieux.
- Unafam, pour l'entourage des personnes vivant avec des troubles psychiques : 99 délégations départementales, 350 sites d'accueil, près de 2 000 bénévoles.
- FNAPSY, pour être orienté vers une association d'usagers : 59 associations fédérées, environ 5 000 usagers représentés.
- Fondation Pierre Deniker, pour les travaux de recherche sur la santé mentale des actifs et les facteurs de risque psychosociaux au travail.
- Syndicat national des psychologues, pour comprendre le cadre légal du titre et les obligations d'enregistrement au RPPS.
- Conseil national de l'Ordre des médecins, dont l'Atlas de la démographie médicale documente la répartition des psychiatres par département.
- CMP de secteur, joignable via le centre hospitalier de rattachement ou l'agence régionale de santé du département : 1 630 centres pour adultes recensés en France en 2023 par le rapport sénatorial.
- Annuaire santé du service public, pour vérifier le numéro RPPS d'un psychologue, d'un psychiatre ou d'un psychothérapeute avant le premier rendez-vous.
- 3114, joignable également par les personnes qui accompagnent quelqu'un traversant une phase de crise de la quarantaine avec idées noires, gratuitement et sans limite de durée.
La transition professionnelle et l'installation dans l'âge adulte se préparent bien avant 40 ans. Notre guide sur la psychologie du jeune adulte revient sur les premières crises et les premiers choix qui structurent la suite.
FAQ : crise de la quarantaine
La crise de la quarantaine est-elle une maladie ?
Non. Aucune classification internationale des troubles mentaux ne retient cette entité. L'expression décrit une expérience subjective de remise en question, née d'un article d'Elliott Jaques publié en 1965. Les praticiens français emploient les catégories d'épisode dépressif caractérisé et de troubles anxieux, définies par l'Inserm et la Haute Autorité de Santé. Une souffrance réelle existe donc indépendamment de tout diagnostic de crise, et elle justifie une consultation.
À quel âge survient-elle le plus souvent ?
Les données françaises situent le creux de satisfaction de vie entre 45 et 55 ans, selon le CEPREMAP (2023). Au niveau international, David Blanchflower a mesuré en 2020 un minimum moyen à 47,2 ans dans les pays avancés, sur 132 pays. Santé publique France situe pour sa part le pic d'épisodes dépressifs sévères chez les 40-49 ans, à 7,1 % en 2024. La fourchette utile pour situer cette crise de la quarantaine va donc de 40 à 55 ans.
Combien coûte un accompagnement psychologique en France ?
Le dispositif Mon Soutien Psy facture la séance 50 euros, remboursée à 60 % par l'Assurance Maladie, jusqu'à 12 séances par an, soit un reste à charge de 20 euros avant intervention de la complémentaire (ameli.fr, février 2026). Le centre médico-psychologique est gratuit. Un psychologue libéral hors dispositif pratique des honoraires libres non remboursés, que le Sénat identifie en 2025 comme le principal frein au recours aux soins de ville.
Comment savoir si mon psychologue est bien titré ?
Le titre de psychologue est protégé par l'article 44 de la loi 85-772 du 25 juillet 1985. Tout psychologue autorisé à exercer possède un numéro RPPS, le Répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé, qui a remplacé le répertoire ADELI. Vous le vérifiez gratuitement sur annuaire.sante.fr en saisissant le nom du praticien, comme l'indique le Syndicat national des psychologues.
Quel est le délai pour obtenir un rendez-vous en CMP ?
Une enquête de la F2RSM Psy menée en 2024 auprès des 103 centres médico-psychologiques pour adultes des Hauts-de-France, avec 84 réponses, mesure un délai médian de 61 jours pour un rendez-vous avec un psychologue et de 74 jours avec un psychiatre, hors urgences. Le délai médian le plus court, tous professionnels confondus, s'établit à 7 jours. Ces chiffres sont régionaux et varient selon les départements.
Que faire si un proche évoque des idées suicidaires ?
Appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 depuis le 1er octobre 2021. Il conseille aussi les proches inquiets. En cas de danger vital immédiat, composez le 15. Ne restez pas seul avec cette inquiétude et ne promettez pas le secret. L'Inserm rappelle que le risque de suicide est multiplié par 30 pendant un EDC.
Comment Todopsy accompagne une crise de la quarantaine
Todopsy est une plateforme française dédiée à la psychologie, entièrement gratuite à tous les niveaux, sans publicité ni mur payant. Trois services répondent à trois moments distincts de la crise de la quarantaine.
Comprendre. Des articles, dossiers et revues de littérature couvrent l'ensemble du champ de la psychologie, en accès libre. Chaque page cite ses sources, privilégie les données françaises et signale ce qui reste débattu, comme l'existence même d'un creux de satisfaction au milieu de la vie.
Trouver un professionnel. La mise en relation avec un psychologue combine un algorithme de matching, une couche d'intelligence artificielle et un conseil humain, sans commission ni frais pour le lecteur. La relation thérapeutique se noue ensuite hors plateforme, directement avec le praticien, ce qui laisse entière la liberté de changer d'interlocuteur après une première séance.
Consulter à distance. Une plateforme de visioconférence est offerte aux psychologues qui souhaitent recevoir leurs patients à distance, sans abonnement ni commission, ce qui élargit l'accès dans les départements à faible densité de professionnels.
Todopsy est une initiative d'intérêt général en phase de démarrage, sans modèle commercial à ce stade et sans comité éditorial constitué. La crédibilité de ces pages repose sur les sources citées et sur la prudence des affirmations. Chaque article indique ce qui est établi, ce qui est débattu et ce qui reste inconnu, y compris sur la crise de la quarantaine.
Pour explorer l'ensemble des étapes de vie et repérer celle qui vous concerne, parcourez le dossier complet des étapes de vie et événements.
Conclusion
La quarantaine concentre des événements de vie lourds, un pic d'inégalité entre pairs et une conscience nouvelle du temps compté. Les données françaises confirment un creux de satisfaction entre 45 et 55 ans, sans valider l'image d'un effondrement généralisé. La ligne de partage utile sépare une transition inconfortable, qui appelle des aménagements et un soutien, d'un épisode dépressif ou anxieux caractérisé, qui appelle des soins. Santé publique France mesure que 44 % des adultes concernés par un épisode dépressif restent sans prise en charge dans l'année, proportion qui monte à 54 % chez les hommes. Quatre portes d'entrée existent en France, avec des coûts et des délais connus : le médecin traitant, le dispositif Mon Soutien Psy, un psychologue libéral et le centre médico-psychologique de secteur. Le premier pas utile face à une crise de la quarantaine consiste à faire évaluer la situation par un professionnel dont le titre est vérifiable, en composant le 3114 si des idées suicidaires sont présentes.
À lire également :
Sources :
- Épisodes dépressifs : prévalence et recours aux soins, Baromètre de Santé publique France, édition 2024 : Santé publique France, 2025
- Dépression, dossier d'information : Inserm, 2019
- Troubles anxieux, dossier d'information : Inserm, 2021
- Les âges du bien-être, note de l'Observatoire du bien-être n°2023-14 : CEPREMAP, 2023
- Remboursement de séances chez le psychologue, dispositif Mon soutien psy : Assurance Maladie, 2026
- Épisode dépressif caractérisé de l'adulte, prise en charge en premier recours : Haute Autorité de Santé, 2017
- Santé mentale et psychiatrie, pas de grande cause sans grands moyens, rapport d'information n°787 : Sénat, 2025
- Une profession réglementée, le titre de psychologue : Syndicat national des psychologues, 2024
- Organisation des centres médico-psychologiques et délai d'obtention d'un rendez-vous : F2RSM Psy Hauts-de-France, 2024
- Numéro national de prévention du suicide 3114 : 3114, 2021
- Baromètre des aidants : Unafam, 2023
- Fédération nationale des associations d'usagers en psychiatrie : FNAPSY, 2024
- Baromètre de la santé mentale des actifs : Fondation Pierre Deniker, 2022
- Death and the Mid-Life Crisis, International Journal of Psycho-Analysis, volume 46 : Elliott Jaques, 1965
- Is Happiness U-shaped Everywhere? Age and Subjective Well-being in 132 Countries : National Bureau of Economic Research, David G. Blanchflower, 2020