Repères concrets pour reconnaître que la situation bouge
Les indicateurs de progrès en thérapie utilisables par un patient se répartissent en signaux comportementaux, cognitifs et corporels. Ils s'observent dans la vie ordinaire, entre les rendez-vous, sur des fenêtres de deux à quatre semaines plutôt que d'un jour à l'autre.
Les signaux comportementaux portent sur ce que vous faites à nouveau, ou ce que vous cessez de faire. Reprendre un trajet en transport en commun évité depuis six mois, répondre à une invitation, réduire les vérifications répétées, rouvrir un dossier professionnel laissé de côté : chacun de ces faits est datable, donc vérifiable. L'Inserm décrit précisément ce mécanisme dans son dossier sur les troubles anxieux, où la thérapie cognitivo-comportementale permet au patient d'apprendre à gérer son anxiété en modifiant ses pensées, ses peurs et ses croyances grâce à des expositions progressives.
Les signaux cognitifs portent sur le rapport aux pensées. La durée moyenne d'une rumination, la capacité à identifier une pensée automatique au moment où elle survient, la possibilité de formuler une interprétation alternative sans y adhérer immédiatement : ces éléments se notent en fin de journée en une ligne.
Les signaux corporels portent sur le sommeil, l'appétit, la tension musculaire et la fréquence des manifestations physiques de l'anxiété. Le Baromètre santé de Santé publique France mesure ces états par la sous-échelle HAD-A de l'échelle Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) : en 2021, 12,5 % des personnes âgées de 18 à 85 ans présentaient un état anxieux au moment de l'enquête, avec une prévalence trois fois plus élevée chez les femmes (18,2 %) que chez les hommes (6,4 %).
Tenir un relevé simple entre deux séances
Un relevé hebdomadaire de quatre lignes documente vos progrès en thérapie et alimente directement la séance suivante :
- Symptôme cible. Une note de 0 à 10 sur l'intensité moyenne de la semaine, attribuée le même jour chaque semaine.
- Fonctionnement. Le nombre de fois où la difficulté a empêché une action prévue.
- Évitement. La liste des situations contournées, avec la date.
- Événement notable. Un fait précis, positif ou négatif, qui a modifié la semaine.
Ce relevé transforme une impression en série de données. Il rend possible la comparaison entre la quatrième et la douzième séance, opération que la mémoire seule effectue mal, car l'état émotionnel du moment colore le souvenir des semaines précédentes. Vos progrès en thérapie deviennent alors discutables sur des faits, dans les deux sens du terme : observables et négociables avec le praticien.
Ce que la recherche identifie comme facteurs de progrès et de blocage
L'Inserm situe les troubles anxieux parmi les troubles psychiques les plus fréquents : 15 % des adultes de 18 à 65 ans présentent des troubles anxieux sévères sur une année donnée, et 21 % en présenteront au cours de leur vie, avec une fréquence deux fois plus élevée chez la femme que chez l'homme. Ces ordres de grandeur situent le contexte dans lequel s'inscrivent les difficultés de progression.
Les facteurs qui pèsent sur les progrès en thérapie se répartissent en trois familles documentées, et chacune se travaille par un moyen différent.
Les facteurs liés au cadre. La fréquence des séances, leur régularité, la clarté du contrat initial et l'accord explicite sur les objectifs conditionnent la trajectoire. La méta-analyse de Swift et Greenberg montre que le taux d'abandon varie selon le niveau d'expérience du praticien, le cadre de l'intervention et le diagnostic, mais reste indépendant du format individuel ou groupal.
Les facteurs liés à la personne et à son environnement. Un événement de vie majeur, une précarité financière, un isolement social, une consommation d'alcool ou de substances, une pathologie somatique non traitée modifient la trajectoire. La HAS impose d'ailleurs la recherche d'une addiction dans le bilan initial du patient dépressif, avec des outils dédiés pour l'alcool, le tabac et les autres substances.
Les facteurs liés à la relation de travail. Un désaccord non formulé sur les objectifs, une rupture d'alliance après une séance mal vécue, un sentiment de ne pas être compris : ces éléments produisent des plateaux durables lorsqu'ils restent tus. La HAS place l'évaluation de l'alliance thérapeutique parmi les mesures générales à conduire avant même d'envisager le traitement, ce qui suppose de pouvoir nommer le désaccord. Un blocage des progrès en thérapie logé dans la relation de travail reste invisible tant qu'il n'est pas verbalisé.
Le poids de l'accès aux soins sur les progrès en thérapie
Un facteur structurel pèse en France : la disponibilité des professionnels. L'Organisation mondiale de la Santé estime qu'en 2021, 1,1 milliard de personnes, soit une sur sept, présentaient un trouble mental, et que seul un tiers des personnes atteintes de dépression reçoivent des soins de santé mentale structurés. En France, l'enquête de la F2RSM Psy conduite en novembre 2022 auprès des 103 centres médico-psychologiques adultes des Hauts-de-France mesure un délai médian de 74 jours pour un rendez-vous avec un psychiatre et de 61 jours avec un psychologue, contre 10 jours avec un infirmier. Des progrès en thérapie dans un suivi espacé par la contrainte organisationnelle s'installent plus lentement qu'un suivi hebdomadaire, indépendamment de la qualité du travail conduit.
Qui évalue l'avancée d'une thérapie, et avec quels outils
L'évaluation des progrès en thérapie se partage entre trois acteurs. Le patient produit les données de vie quotidienne. Le praticien croise ces données avec son observation clinique. Le médecin traitant assure la coordination et surveille les dimensions somatiques et médicamenteuses. Aucun de ces trois acteurs ne dispose seul de l'information complète.
Les instruments utilisés en France pour objectiver les progrès en thérapie figurent dans l'argumentaire scientifique de la HAS d'octobre 2017. Le tableau ci-dessous en résume l'usage.
| Instrument | Ce qu'il mesure | Passation | Usage en suivi |
|---|
| PHQ-9 (Patient Health Questionnaire) | Intensité des symptômes dépressifs sur 9 items | Auto-questionnaire, 3 minutes | Répétable à chaque consultation, sensible au changement |
| HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale) | Anxiété et dépression, deux sous-échelles | Auto-questionnaire, 5 minutes | Utilisé aussi en population générale par Santé publique France |
| MADRS (Montgomery and Asberg Depression Rating Scale) | Sévérité dépressive, cotation clinicien | Entretien coté, 20 minutes | Réservé au suivi médical spécialisé |
| HDRS (échelle de dépression de Hamilton) | Sévérité dépressive, cotation clinicien | Entretien coté, 20 à 30 minutes | Référence historique en recherche clinique |
| BDI (Inventaire de dépression de Beck) | Vécu dépressif rapporté par le patient | Auto-questionnaire, 10 minutes | Complément du suivi en pratique libérale |
La répétition de ces mesures produit un effet propre. La méta-analyse de Michael J. Lambert, Jason L. Whipple et Maria Kleinstäuber, publiée en 2018 dans la revue Psychotherapy de l'American Psychological Association, porte sur le routine outcome monitoring, c'est-à-dire la collecte systématique de mesures de résultat restituées au praticien pendant le suivi. Sa conclusion est directe : les résultats s'améliorent lorsque les praticiens reçoivent un retour régulier et systématique sur la progression de leurs patients, en particulier pour les patients qui, sans ce retour, se dégraderaient ou ne progresseraient pas. Les analyses couvrent 8 649 patients pour l'un des deux systèmes évalués, dont 1 958 identifiés comme hors trajectoire, et 2 272 patients pour l'autre.
Deux constats expliquent l'intérêt de ces outils. Une étude portant sur plus de 6 000 patients suivis en pratique courante a trouvé qu'environ un tiers seulement s'amélioraient ou guérissaient, et les cliniciens repèrent mal les détériorations en cours. Le système fondé sur l'Outcome Questionnaire compare la progression d'un patient à celle attendue pour un profil de difficultés similaire, à partir des scores de plus de 11 000 patients suivis en soins courants. Il identifie dès la deuxième séance les personnes qui n'avancent pas comme prévu et prédit correctement une détérioration en fin de traitement dans 85 % à 100 % des cas, très au-delà des capacités de prédiction des cliniciens.
Cette donnée a une conséquence pratique directe sur le suivi de vos progrès en thérapie : demander à votre praticien de remplir un questionnaire standardisé toutes les quatre à six séances relève d'une démarche validée. Si votre suivi commence, la page consacrée à la première séance chez un psychologue et à l'alliance thérapeutique détaille la façon dont le contrat de soin se pose dès le début.
Niveaux de sévérité et seuils d'alerte quand les progrès en thérapie s'arrêtent
L'absence de progrès en thérapie ne se traite pas de la même façon selon sa durée et son intensité. Quatre niveaux se distinguent, du plus bénin au plus préoccupant.
Niveau 1, la fluctuation ordinaire. Une à trois séances sans mouvement perceptible, dans un suivi par ailleurs actif. La recherche décrit une trajectoire non linéaire, faite d'avancées et de retours. Aucune action particulière, sinon le relevé hebdomadaire décrit plus haut.
Niveau 2, le plateau. Six à huit séances sans changement sur aucun des trois plans, alors que le travail se poursuit. L'arrêt des progrès en thérapie appelle ici une mise à plat explicite en séance : reformulation des objectifs, vérification de l'accord sur les tâches, éventuel recours à un questionnaire standardisé pour trancher entre stagnation réelle et perception faussée.
Niveau 3, l'aggravation. Les symptômes s'intensifient sur plusieurs semaines, le fonctionnement se dégrade, un nouveau symptôme apparaît. La littérature documente cette éventualité. La méta-analyse de Pim Cuijpers et ses collègues, publiée en 2018 dans le Journal of Affective Disorders sur 18 études et 23 comparaisons, situe le taux médian de détérioration à 4 % dans les groupes traités par psychothérapie, avec des valeurs dépassant 10 % dans certaines études. La même analyse montre que ces patients se dégradent 61 % moins souvent que ceux des groupes témoins (risque relatif 0,39, intervalle de confiance à 95 % : 0,27 à 0,57), et qu'il faut traiter 20 personnes pour éviter un cas de détérioration. L'absence de progrès en thérapie n'est plus le sujet à ce stade : une réévaluation médicale s'impose.
Niveau 4, l'urgence. Idées suicidaires, projet suicidaire, désorganisation du discours, mise en danger, arrêt de l'alimentation. Ce niveau ne relève plus du réglage d'un suivi et appelle une réponse immédiate décrite plus bas.
Distinguer la crise transitoire de l'échec du suivi
Une intensification passagère des symptômes après une séance qui a abordé un contenu douloureux ne présente pas la même signification qu'une dégradation continue sur six semaines. Deux critères permettent de trancher : la durée, et le fonctionnement. Une réaction qui se résorbe en quelques jours et qui n'empêche pas les actes de la vie quotidienne appartient au travail thérapeutique. Une dégradation qui persiste au-delà de trois semaines et qui réduit la capacité à travailler, à dormir ou à s'alimenter appelle un avis médical. En cas de doute, la règle de sécurité est simple : parlez-en à votre médecin traitant sans attendre la prochaine séance.

Les approches dont l'efficacité est validée par la HAS
La recommandation de bonne pratique de la HAS sur l'épisode dépressif caractérisé de l'adulte, adoptée par le Collège de la Haute Autorité de Santé en octobre 2017, pose un cadre clair. L'argumentaire structure la stratégie thérapeutique selon l'intensité de l'épisode, avec un chapitre distinct pour l'épisode dépressif caractérisé léger à modéré et un autre pour l'épisode modéré à sévère. Les psychothérapies y forment une section propre, aux côtés des antidépresseurs, et deux chapitres entiers portent sur l'évaluation de la réponse thérapeutique et sur le suivi. Le choix de la méthode conditionne le rythme des progrès en thérapie attendus.
Les psychothérapies structurées dont l'efficacité est établie forment un ensemble restreint :
- Thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Travail sur les pensées automatiques, les croyances et les comportements d'évitement, avec exposition progressive aux situations redoutées. L'Inserm décrit ce mécanisme comme l'apprentissage de la gestion de l'anxiété par modification des pensées, des peurs et des croyances.
- Psychothérapies psychodynamiques ou d'inspiration analytique. Exploration des conflits internes et de leur histoire, avec attention portée au transfert dans la relation.
- Thérapies systémiques ou familiales. Travail sur les interactions au sein du couple ou de la famille, pertinent lorsque la difficulté s'entretient dans un système relationnel.
- Thérapie interpersonnelle (TIP). Centrée sur les transitions de rôle, les deuils, les conflits interpersonnels et l'isolement, sur une durée délimitée.
- Psychothérapie de soutien. Écoute structurée, information, renforcement des ressources existantes, dispensée par le médecin ou le psychologue en première intention.
La HAS gradue ses recommandations de A (preuve scientifique établie, fondée sur des essais comparatifs randomisés de forte puissance ou des méta-analyses) à AE (accord d'experts en l'absence d'études). Cette échelle explique pourquoi certaines pratiques répandues ne figurent pas dans la liste des psychothérapies structurées d'efficacité établie : l'absence de gradation signale un manque de données, non un jugement de valeur sur la pratique. L'argumentaire consacre par ailleurs une section distincte à l'activité physique et au mode de vie, traités comme des mesures d'accompagnement et non comme des psychothérapies structurées. Une absence de gradation ne condamne pas une pratique et n'autorise pas non plus à la présenter comme un traitement de première intention.
L'association avec un traitement médicamenteux relève de la même logique de sévérité, que l'argumentaire traite dans deux chapitres séparés selon que l'épisode est léger à modéré ou modéré à sévère. Cette décision appartient au médecin, sur la base d'une évaluation clinique et du contexte somatique. Les progrès en thérapie s'apprécient alors sur les deux volets à la fois, ce qui rend la coordination entre le psychologue et le médecin traitant déterminante.
Un dernier point mérite d'être connu avant d'engager un suivi. La durée des protocoles évalués varie fortement d'une approche à l'autre : les thérapies cognitivo-comportementales et la thérapie interpersonnelle se conduisent sur un nombre de séances délimité à l'avance, tandis que les psychothérapies d'inspiration analytique s'inscrivent dans une temporalité ouverte. Cette différence de format conditionne la façon dont vous lirez vos progrès en thérapie : sur une échelle de quelques mois dans le premier cas, sur une échelle plus longue dans le second.
Le choix de l'approche se discute avec le praticien en fonction du trouble, de vos préférences et de la disponibilité locale. Aucune de ces cinq méthodes ne garantit à elle seule des progrès en thérapie, puisque l'orientation théorique ne prédit pas l'issue. La page dédiée aux différences entre psychologue, psychiatre et psychothérapeute précise quel professionnel exerce quelle pratique et sous quel titre protégé.
Qui pose un diagnostic, et ce que le diagnostic change pour le suivi
Le diagnostic relève du médecin. En France, le médecin traitant et le psychiatre posent un diagnostic; le psychologue conduit une évaluation psychologique, formule des hypothèses cliniques et construit un projet de soin, sans poser de diagnostic médical. Cette répartition explique pourquoi un suivi psychologique et un suivi médical se complètent souvent sur une même situation.
Deux référentiels servent de base au diagnostic. La CIM-11 (Classification internationale des maladies, onzième révision), publiée par l'Organisation mondiale de la Santé, compte environ 17 000 codes uniques et plus de 120 000 termes codifiables, et est désormais entièrement numérique. Le DSM-5-TR (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, cinquième édition, texte révisé) de l'American Psychiatric Association constitue la référence nord-américaine; la HAS s'appuyait dans son argumentaire sur le DSM-5, disponible depuis fin mai 2013. Elle recourt à la CIM et au DSM pour définir l'épisode dépressif caractérisé, terme qu'elle préfère à celui d'épisode dépressif « majeur », traduction inappropriée de l'anglais qui ne préjuge pas de la sévérité.
Un diagnostic posé modifie trois choses dans le suivi.
- Le choix de la méthode. L'argumentaire de la HAS traite chaque famille de psychothérapie dans une section distincte, et l'Inserm décrit pour les troubles anxieux un travail d'exposition progressive conduit dans un contexte sécurisé.
- Le calendrier de réévaluation. Un épisode dépressif caractérisé impose une réévaluation médicale à échéances rapprochées, ce qui structure la lecture des progrès en thérapie sur des dates fixées à l'avance.
- La question médicamenteuse. Elle appartient au médecin. L'Inserm rappelle que les anxiolytiques présentent des effets indésirables sévères, avec un risque de dépendance, et sont prescrits sur des durées courtes. Aucune information de cette page ne remplace un avis médical individuel.
L'absence de diagnostic ne bloque pas l'accès à un suivi. Le dispositif Mon soutien psy est accessible sans adressage médical obligatoire, et le centre médico-psychologique reçoit toute personne en difficulté psychique de son secteur. La distinction des professions et de leurs titres protégés est détaillée dans la page dédiée à ce sujet, citée plus haut.
Parcours de soin en France, du médecin traitant au CMP
Le parcours français propose quatre portes d'entrée, avec des coûts, des délais et des publics différents. Le choix de la porte conditionne le rythme des séances, donc le rythme des progrès en thérapie. Le tableau les compare sur les critères qui déterminent le choix.
| Voie d'accès | Coût pour le patient | Délai constaté | Public concerné |
|---|
| Médecin traitant | Consultation remboursée au tarif conventionnel | Quelques jours à quelques semaines | Toute personne, première évaluation et coordination |
| Mon soutien psy | 0 € après remboursement, 50 € la séance avancés ou en tiers payant | Variable selon la densité de psychologues partenaires | Dès 3 ans, difficultés d'intensité légère à modérée |
| Centre médico-psychologique (CMP) | Gratuit, financé par la sécurité sociale | Médiane de 7 jours tous professionnels confondus, 61 jours pour un psychologue (Hauts-de-France, 2022) | Personne relevant du secteur de son domicile, situations complexes ou sévères |
| Psychologue en libéral hors dispositif | 50 € à 80 € la séance selon les régions, remboursement partiel par certaines complémentaires | Variable | Personne souhaitant choisir son praticien et sa méthode |
Le dispositif Mon soutien psy, géré par l'Assurance Maladie, couvre 12 séances par année civile et par patient, dont un entretien d'évaluation initial. Chaque séance est facturée 50 € par les psychologues partenaires, remboursée à 60 % par l'Assurance Maladie, le reste étant pris en charge par la complémentaire santé. Le taux monte à 90 % en Alsace-Moselle. L'accès s'effectue directement, sans adressage médical obligatoire, dès l'âge de 3 ans. Ces conditions sont celles publiées par l'Assurance Maladie et en vigueur en septembre 2026. Depuis sa création en 2022, près de 760 000 personnes y ont eu recours et plus de 6 200 psychologues le proposent, selon l'Assurance Maladie en septembre 2025. À l'issue des 12 séances, un bilan est réalisé avec le psychologue, en accord avec le médecin. Le fonctionnement détaillé du dispositif et son articulation avec les mutuelles sont traités dans la page consacrée à Mon Soutien Psy et aux remboursements.
Le centre médico-psychologique (CMP) constitue l'autre pilier. Psycom le décrit comme un lieu de soin public sectorisé, dont les consultations sont gratuites et entièrement financées par la sécurité sociale, sans avance de frais. L'équipe y est pluriprofessionnelle : psychiatres, psychologues, infirmiers, orthophonistes, assistants de service social. Chaque personne dépend du CMP correspondant à son lieu d'habitation et prend rendez-vous directement. L'enquête de la F2RSM Psy précise l'organisation réelle : dans 85,7 % des structures interrogées, l'évaluation initiale est conduite par un infirmier, suivie d'une proposition d'organisation des soins. Six structures recevaient le jour même, et 30 en moins d'une semaine.
Articuler les dispositifs plutôt que les opposer
Ces voies se combinent dans le temps. Une personne peut débuter par les 12 séances de Mon soutien psy, constater que la difficulté demande un suivi plus long, puis basculer vers un CMP ou vers un psychologue en libéral. Ces bascules ne remettent pas à zéro les progrès en thérapie déjà obtenus, à condition que les acquis soient transmis. Le médecin traitant reste le point fixe de cette trajectoire : il détient l'historique somatique, il coordonne, et il peut adresser vers un psychiatre lorsque la question médicamenteuse ou diagnostique se pose. Pour choisir un praticien en connaissance de cause, la page comment choisir son psychologue selon des critères vérifiables détaille les points à vérifier avant le premier rendez-vous.
Trois trajectoires types, séance par séance
Les scénarios ci-dessous sont construits à partir des repères chiffrés publics cités dans cette page. Ils illustrent des trajectoires possibles et ne constituent ni un diagnostic ni un pronostic individuel.
Trajectoire A, une progression régulière sous Mon soutien psy. Une personne de 34 ans consulte pour un état anxieux évoluant depuis huit mois, avec réveils nocturnes quatre nuits sur sept et évitement des réunions professionnelles. Entretien d'évaluation en séance 1, score HAD-A initial à 14 sur 21. Douze séances de TCC réparties sur quatre mois, avec exposition graduée aux prises de parole. Les progrès en thérapie sont suivis par une passation du questionnaire toutes les quatre séances. Score HAD-A à 8 en séance 12, réveils nocturnes réduits à une nuit sur sept, réunions réinvesties. Bilan de fin de dispositif réalisé avec le psychologue, en accord avec le médecin traitant. Coût final pour la personne : 0 € après remboursement à 60 % par l'Assurance Maladie et 40 % par la complémentaire.
Trajectoire B, un plateau identifié puis levé. Une personne de 47 ans suit une psychothérapie hebdomadaire depuis cinq mois pour un épisode dépressif caractérisé d'intensité modérée. Amélioration nette entre les séances 3 et 10, puis stagnation sur les séances 11 à 18. Score PHQ-9 stable à 12 sur trois passations espacées de quatre semaines. La mise à plat en séance identifie un objectif implicite jamais formulé : la question du départ de l'entreprise, contournée depuis le début. Les progrès en thérapie reprennent après reformulation du contrat et deux séances consacrées à cette question, reprise de la baisse du score à 7 sur les huit séances suivantes. Durée totale du blocage avant identification : quatorze semaines.
Trajectoire C, une orientation vers le secteur public. Une personne de 22 ans consulte en libéral pour des idées noires intermittentes et un isolement croissant. Dès la deuxième séance, le psychologue évalue le risque suicidaire, contacte le médecin traitant avec l'accord de la personne, et l'oriente vers le CMP de son secteur. Premier contact CMP avec un infirmier sous 9 jours, consultation psychiatrique à 68 jours, suivi psychologique institué en parallèle. Le 3114 est communiqué comme ressource intercurrente, disponible 24 heures sur 24. La coordination entre le libéral et le CMP évite la rupture de suivi pendant le délai d'attente psychiatrique.
Aucun de ces trois scénarios ne prétend décrire une évolution garantie. Ils illustrent des ordres de grandeur issus des sources publiques citées, appliqués à des situations construites pour l'exemple. Ces trois trajectoires partagent un point commun : les progrès en thérapie y sont devenus lisibles parce qu'une mesure répétée a été posée. Sans score initial, la comparaison à trois mois repose sur la seule mémoire, dont la fiabilité est faible en période de souffrance.
La place des proches, sans endosser le rôle de soignant
La HAS consacre une section de son argumentaire à l'appréciation du soutien de l'entourage, aux côtés de l'évaluation de l'alliance thérapeutique. Ce soutien agit sur l'observance et sur le maintien dans le soin, deux déterminants directs des progrès en thérapie.
Le rôle utile d'un proche se délimite en quatre actions.
- Maintenir le lien ordinaire. Proposer des activités communes sans conditionner la relation à l'amélioration de l'état. La régularité du contact compte davantage que son intensité.
- Faciliter l'accès matériel aux séances. Garde d'enfants, trajet, rappel des rendez-vous. Ces obstacles concrets figurent parmi les motifs d'interruption les plus fréquents.
- Repérer les signaux d'alerte. Retrait social brutal, propos sur la mort, don d'objets personnels, arrêt des traitements, consommation d'alcool en hausse. Le 3114 répond aussi aux personnes qui s'inquiètent pour un proche.
- Respecter le secret professionnel. Le contenu des séances appartient à la personne. Une demande d'information au praticien sans l'accord du patient place ce dernier en position de défiance.
Charles-Edouard Notredame, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Lille et coordinateur national adjoint du 3114, formule ainsi l'enjeu de la parole autour du suicide : « Si on ne parle pas du suicide, les personnes qui ont des idées suicidaires ont l'impression que c'est interdit, que c'est tabou. Le résultat est que ces personnes se sentent honteuses et coupables, ce qui empire leur état et ce qui les empêche d'aller vers les ressources d'aide. » Aborder directement la question des idées suicidaires avec un proche n'augmente pas le risque, contrairement à une croyance répandue, et ouvre l'accès aux ressources d'aide.
Une limite mérite d'être posée. Un proche n'est ni le thérapeute ni l'évaluateur du suivi. Commenter les progrès en thérapie d'une personne, mesurer son avancée à sa place ou juger la compétence de son praticien produit une pression contre-productive. La question utile reste ouverte : « comment ça se passe pour toi en ce moment ? »
Signaux d'urgence et orientation immédiate
Certaines situations sortent du champ de l'ajustement d'un suivi. Les repères ci-dessous relèvent de la sécurité et non de l'évaluation des progrès en thérapie.
Appelez le 15 (Samu) en cas de danger vital immédiat : tentative de suicide en cours, intoxication, état de conscience altéré, mise en danger physique.
Appelez le 3114 pour toute idée suicidaire, pour un proche qui vous inquiète, ou après un deuil par suicide. La ligne est gratuite, ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, confidentielle mais non anonyme afin de permettre une prise en charge et un suivi. Les répondants sont des infirmiers ou des psychologues formés à l'évaluation et à l'intervention de crise, supervisés par un psychiatre coordonnateur. Le dispositif compte 18 centres de réponse en métropole et outre-mer, plus de 300 professionnels engagés, et reçoit 1 600 appels par jour en moyenne. Plus d'un million d'appels ont été reçus depuis son ouverture le 1er octobre 2021.
Autres numéros à connaître : le 112 pour les urgences européennes, le 119 pour l'enfance en danger, le 3919 pour les violences faites aux femmes.
Le contexte français justifie cette vigilance. Le dossier de presse du 3114 publié en août 2025 rappelle qu'environ 9 000 décès par suicide et 200 000 tentatives sont enregistrés chaque année en France, que le suicide constitue la première cause de mortalité évitable chez les 25-34 ans, et que la part des 18-24 ans déclarant des pensées suicidaires est passée de 3,3 % en 2014 à 7,2 % en 2021, d'après le Baromètre de Santé publique France paru en février 2024 et le sixième rapport de l'Observatoire national du suicide publié en février 2025.
Quand demander un avis spécialisé sans urgence
Trois situations justifient de solliciter un psychiatre par l'intermédiaire du médecin traitant, hors contexte d'urgence : une absence d'amélioration après huit à douze séances malgré un cadre stable, une question médicamenteuse (instauration, ajustement, arrêt), ou l'apparition d'éléments nouveaux évoquant un autre trouble. Le psychiatre est un médecin, ce qui lui permet de poser un diagnostic, de prescrire et d'articuler la dimension somatique. Cette démarche complète le suivi psychologique et ne l'interrompt pas.
Combien de temps dure un suivi et à quel rythme
Aucune durée standard ne s'applique à tous les motifs de consultation, et le calendrier des progrès en thérapie varie avec le trouble, le cadre et le rythme des séances. Les repères utilisables viennent du format des dispositifs et des protocoles évalués.
Le dispositif Mon soutien psy fixe un cadre de 12 séances par année civile, ce qui correspond à l'ordre de grandeur des protocoles de thérapie cognitivo-comportementale évalués dans les troubles anxieux et dépressifs légers à modérés. La thérapie interpersonnelle, retenue par la HAS parmi les psychothérapies structurées d'efficacité établie, se conduit également sur une durée délimitée. Les psychothérapies psychodynamiques s'inscrivent dans des durées plus longues, sans terme fixé à l'avance.
Le rythme pèse autant que la durée totale sur les progrès en thérapie. Un suivi hebdomadaire produit une continuité de travail que des séances mensuelles ne reproduisent pas, en particulier dans les phases d'exposition ou de crise. Lorsque les contraintes financières ou géographiques imposent un espacement, l'usage de tâches entre les séances et d'un relevé écrit compense partiellement la perte de continuité.
Trois questions permettent de situer vos progrès en thérapie dans le temps :
- Quel était l'objectif initial ? Un objectif formulé en termes observables (« reprendre les transports », « dormir six heures », « traverser un conflit sans rupture ») rend le terme du suivi identifiable.
- Où en est cet objectif aujourd'hui ? Une comparaison entre l'état initial et l'état actuel, sur le même indicateur, répond mieux qu'une impression globale.
- Qu'est-ce qui justifierait de continuer trois mois de plus ? Une réponse précise indique un cap. Une réponse vague signale qu'une mise à plat est due.
Ce que la fin d'un suivi recouvre
L'arrêt d'une psychothérapie se prépare. Une fin construite comporte une phase d'espacement des séances, un bilan explicite des acquis, l'identification des situations à risque de rechute et la définition d'un signal qui justifierait de reconsulter. Le dispositif Mon soutien psy formalise ce moment : à l'issue des 12 séances, un bilan est effectué avec le psychologue, en accord avec le médecin. Cette étape distingue une fin de suivi d'un abandon, dont la méta-analyse de Swift et Greenberg situe la fréquence à environ un patient sur cinq.
Changer de praticien, suspendre, arrêter : trois décisions distinctes
Ces trois options sont souvent confondues alors qu'elles répondent à des situations différentes et produisent des conséquences différentes sur les progrès en thérapie.
Changer de praticien se justifie lorsque l'alliance ne se construit pas malgré une discussion explicite, lorsque la méthode ne correspond pas au trouble, ou lorsqu'un cadre déontologique n'est pas respecté. La donnée qui compte ici : l'orientation théorique de la thérapie ne modère pas le taux d'abandon relevé par Swift et Greenberg sur 669 études. Un changement motivé par la qualité du lien de travail repose donc sur un fondement documenté. Avant de changer, une séance consacrée au désaccord lui-même reste utile, puisque l'évaluation de l'alliance figure parmi les mesures générales que la HAS place en amont du choix du traitement.
Suspendre consiste à interrompre temporairement en gardant un terme prévu, ce qui met les progrès en thérapie en pause sans les annuler. Cette option se discute lorsqu'un événement extérieur mobilise toutes les ressources disponibles, ou lorsqu'un palier a été atteint et demande à être consolidé dans la vie ordinaire. Une suspension utile comporte trois éléments : une date de reprise, un critère de reprise anticipée en cas de dégradation, et un interlocuteur identifié pendant l'intervalle.
Arrêter met fin au suivi. Cette décision gagne à être prise en séance et non par cessation des rendez-vous, ce qui correspond à la définition de l'abandon prématuré retenue par Swift et Greenberg : le patient met fin unilatéralement au traitement avant d'avoir atteint les objectifs thérapeutiques, sans accord mutuel avec le praticien. Les patients qui interrompent ainsi obtiennent des résultats moins favorables et se déclarent plus insatisfaits du traitement reçu.
Le tableau ci-dessous résume les critères de décision.
| Décision | Situation qui la justifie | Élément à poser avant | Risque si elle est prise sans cadre |
|---|
| Changer de praticien | Alliance non construite après discussion, méthode inadaptée, cadre déontologique non respecté | Une séance consacrée au désaccord | Répétition du même schéma avec le praticien suivant |
| Suspendre | Événement extérieur majeur, palier atteint à consolider | Date de reprise et critère de reprise anticipée | Suspension qui devient un arrêt non décidé |
| Arrêter | Objectifs atteints, bilan partagé | Plan de prévention de la rechute | Abandon prématuré, résultats moins favorables |
Huit idées reçues sur les progrès en thérapie, confrontées aux données
- « Si je ne pleure pas en séance, il ne se passe rien. » L'intensité émotionnelle d'une séance ne constitue pas un indicateur de progrès en thérapie. Les instruments validés retenus par la HAS mesurent les symptômes et le fonctionnement, jamais l'émotion exprimée en consultation.
- « Une bonne thérapie est une thérapie où l'on se sent bien. » La méta-analyse de Pim Cuijpers et ses collègues, parue en 2018 dans le Journal of Affective Disorders, relève un taux médian de détérioration de 4 % dans les groupes traités par psychothérapie, tout en montrant que ces patients se dégradent 61 % moins souvent que ceux des groupes témoins. Un inconfort passager appartient au travail, une dégradation durable appelle une réévaluation médicale.
- « Le type de thérapie détermine le résultat. » Le taux d'abandon relevé par Swift et Greenberg sur 669 études et 83 834 patients n'est modéré ni par l'orientation théorique de la thérapie, ni par le format individuel ou groupal. Il varie en revanche selon le diagnostic, l'âge du patient et le niveau d'expérience du praticien.
- « Parler du suicide à quelqu'un lui en donne l'idée. » Le dossier de presse du 3114 identifie au contraire le silence comme un facteur qui alimente la honte et la culpabilité, et qui éloigne des ressources d'aide.
- « Sans médecin, aucun remboursement n'est possible. » L'Assurance Maladie permet d'intégrer Mon soutien psy en prenant directement rendez-vous avec un psychologue partenaire, sans adressage médical obligatoire, dès l'âge de 3 ans.
- « Les CMP sont réservés aux situations graves. » Psycom décrit le centre médico-psychologique comme un lieu de soin ouvert à toute personne en difficulté psychique, avec des consultations gratuites et sans avance de frais.
- « Un plateau signifie que la thérapie a échoué. » Une stagnation de six à huit séances constitue un signal de mise à plat. Les progrès en thérapie reprennent fréquemment après reformulation des objectifs. Le routine outcome monitoring étudié par Michael J. Lambert, Jason L. Whipple et Maria Kleinstäuber existe précisément pour repérer ces réponses insuffisantes et corriger le cap pendant le suivi.
- « Attendre suffit, cela passera. » L'Organisation mondiale de la Santé relève qu'en 2021, seul un tiers des personnes atteintes de dépression recevaient des soins de santé mentale structurés, et 29 % des personnes présentant une psychose. Le défaut de recours prolonge la souffrance sans la résoudre.
Ressources françaises à contacter
Les ressources ci-dessous sont publiques ou associatives, gratuites, et vérifiables à leur source.
| Ressource | Ce qu'elle apporte | Accès |
|---|
| 3114, numéro national de prévention du suicide | Évaluation et intervention de crise par des infirmiers et psychologues formés, supervisés par un psychiatre | Appel gratuit, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 |
| Samu (15) et urgences européennes (112) | Réponse médicale immédiate en cas de danger vital | Appel gratuit, permanence continue |
| Psycom | Information indépendante sur les troubles, les lieux de soin, les droits et les traitements | Site public, fiches et annuaire des lieux |
| Ameli, dispositif Mon soutien psy | Annuaire des psychologues partenaires et conditions de remboursement | Site de l'Assurance Maladie |
| Centre médico-psychologique du secteur | Consultations pluriprofessionnelles gratuites, sans avance de frais | Prise de rendez-vous directe, selon le lieu d'habitation |
| 119 (enfance en danger) et 3919 (violences faites aux femmes) | Écoute et orientation spécialisées | Appel gratuit |
Psycom est un organisme public d'information sur la santé mentale. Ses fiches décrivent les lieux de soin, les professions et les droits des usagers, avec une exigence de neutralité qui en fait un point de départ fiable pour s'orienter. L'Inserm publie des dossiers scientifiques accessibles au grand public, dont celui consacré aux troubles anxieux, utile pour situer vos progrès en thérapie dans ce que la recherche décrit du trouble. Santé publique France diffuse les données du Baromètre santé, référence des prévalences nationales. UNICEF France publie un observatoire des droits de l'enfant comportant un volet sur la santé mentale des enfants et des adolescents, utile pour situer la question au-delà de l'âge adulte.
Sur le plan des classifications, deux références coexistent. La CIM-11 (Classification internationale des maladies, onzième révision) de l'Organisation mondiale de la Santé compte environ 17 000 codes uniques et plus de 120 000 termes codifiables. L'OMS a annoncé le 11 février 2022 son entrée en vigueur officielle pour l'enregistrement et la déclaration des causes de maladie et de décès. Le DSM-5-TR (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, cinquième édition, texte révisé), publié par l'American Psychiatric Association, constitue la référence nord-américaine. Ces manuels servent au diagnostic, posé par un médecin, et non à l'évaluation des progrès en thérapie, qui relève d'instruments de suivi distincts.
Consolider une amélioration et prévenir la rechute
Une amélioration obtenue demande à être stabilisée. Selon l'argumentaire de la HAS d'octobre 2017, le suivi fait l'objet d'un chapitre distinct du traitement initial, complété par un chapitre consacré à la prise en charge en cas de non réponse ou de réponse partielle au traitement initial, et par un chapitre sur l'arrêt du traitement antidépresseur après un épisode dépressif caractérisé non compliqué. La consolidation est donc traitée comme une étape à part entière. Ce temps sert à éprouver les acquis dans la vie ordinaire, hors du cadre protégé de la séance. D'après l'Assurance Maladie, le dispositif Mon soutien psy formalise ce moment sous la forme d'un bilan conduit avec le psychologue, en accord avec le médecin.
Quatre marqueurs distinguent un mieux consolidé d'un mieux passager.
- La durée. Un changement tenu sur huit à douze semaines, mesuré au même instrument, pèse davantage qu'un pic sur deux semaines. Les progrès en thérapie se lisent sur des séries, non sur des points isolés.
- La généralisation. Le changement obtenu sur une situation se transpose à des situations voisines. Une personne qui a repris les transports en commun aux heures creuses les reprend aux heures de pointe.
- L'autonomie. Vous identifiez seul le déclencheur, la pensée automatique et la conduite alternative, sans avoir besoin de la séance pour le faire.
- La résistance au stress. Le changement tient lors d'un événement défavorable : conflit, surcharge professionnelle, deuil, période d'isolement.
Le plan de prévention de la rechute formalise ces marqueurs par écrit. Il comporte la liste des signaux précoces personnels, dans vos propres mots et non dans les termes d'une échelle, les situations à risque identifiées pendant le suivi, les conduites qui ont fonctionné, et le seuil à partir duquel vous reprenez contact avec un professionnel. Ce document tient sur une page et se relit lors d'un épisode difficile, au moment précis où la mémoire des acquis fait défaut.
Le retour d'un symptôme après une période d'amélioration ne remet pas en cause les progrès en thérapie acquis. La trajectoire décrite par la clinique est irrégulière, avec des avancées et des retours. Le critère qui compte à ce moment est la capacité de récupération : une personne qui met deux semaines à revenir à son niveau, alors qu'elle mettait trois mois auparavant, a conservé le bénéfice du travail conduit. L'espacement progressif des séances, plutôt qu'un arrêt net, permet de tester cette capacité pendant que le lien avec le praticien reste disponible.
Une réserve mérite d'être posée sur les attentes. Aucune psychothérapie ne garantit un résultat, et la HAS gradue ses recommandations précisément parce que le niveau de preuve varie d'une pratique à l'autre. Un suivi réussi réduit une souffrance et restaure un fonctionnement, sans promettre l'absence définitive de difficulté.
Lire l'avancée d'un suivi selon l'âge et la situation de vie
Les repères présentés jusqu'ici valent pour un adulte. Trois situations demandent des ajustements documentés.
Les jeunes adultes et les adolescents. La dégradation mesurée sur cette tranche d'âge est marquée. Le dossier de presse du 3114 relève que les pensées suicidaires déclarées par les 18-24 ans sont passées de 3,3 % en 2014 à 7,2 % en 2021, que les tentatives de suicide déclarées dans cette tranche d'âge ont augmenté de plus de 50 % par rapport à 2017, et que les hospitalisations pour gestes auto-infligés ont progressé de 70 % chez les 10-14 ans, de 46 % chez les 15-19 ans et de 54 % chez les 20-24 ans entre 2017 et 2023. Le suicide y constitue la deuxième cause de mortalité évitable chez les 18-25 ans, après les accidents de la route. La méta-analyse de Swift et Greenberg identifie l'âge jeune comme un facteur associé à un risque d'abandon plus élevé, ce qui rend le cadre initial et l'accord explicite sur les objectifs d'autant plus déterminants. Les progrès en thérapie chez un jeune adulte se mesurent souvent d'abord sur le fonctionnement, notamment la reprise des études ou de l'activité, avant de se lire sur les symptômes.
Les personnes âgées. Le suicide des personnes âgées est quantitativement important rapporté à la taille de la population concernée, et le dossier du 3114 relève un risque de décès chez les hommes de 85 à 94 ans vingt-cinq fois supérieur à celui des hommes de 25 ans. La HAS consacre par ailleurs une partie entière de son argumentaire aux outils diagnostiques adaptés au sujet âgé, dont l'échelle de dépression gériatrique, parce que les instruments conçus pour l'adulte jeune y perdent en sensibilité. Une lecture des progrès en thérapie chez une personne âgée intègre les comorbidités somatiques, les traitements en cours et l'isolement social, dimensions qui pèsent sur la trajectoire autant que le travail psychothérapique lui-même.
Les proches aidants. Une personne qui accompagne un parent malade ou un enfant en difficulté occupe une position particulière : elle porte une charge continue tout en disposant de peu de temps pour un suivi régulier. Le dispositif Mon soutien psy, accessible sans adressage médical et sur 12 séances par année civile, correspond à ce format contraint. Le 3114 répond également aux personnes qui s'inquiètent pour un proche, sans que la personne concernée soit elle-même appelante.
Dans les trois cas, l'ajustement porte sur les indicateurs retenus, non sur la méthode d'évaluation. La logique reste identique : un objectif formulé en termes observables, un instrument répété à intervalles fixes, une discussion explicite lorsque la courbe s'aplatit. C'est cette régularité de mesure qui rend des progrès en thérapie lisibles, quel que soit l'âge du patient.
FAQ : progrès en thérapie, durée du suivi et blocages
Au bout de combien de séances doit-on constater des progrès en thérapie ?
Aucun seuil réglementaire n'existe. Les repères utilisables viennent du format des protocoles évalués : le dispositif Mon soutien psy couvre 12 séances par année civile, ordre de grandeur des protocoles de thérapie cognitivo-comportementale dans les troubles légers à modérés. En pratique, une absence de progrès en thérapie sur les symptômes et le fonctionnement après huit à douze séances, dans un cadre régulier, justifie une mise à plat explicite avec le praticien et une réévaluation avec le médecin traitant.
Comment mesurer objectivement l'avancée de mon suivi ?
Par la répétition d'un même instrument à intervalles fixes, seule méthode qui rend les progrès en thérapie comparables dans le temps. La HAS retient le PHQ-9, la HADS, la MADRS, la HDRS et l'inventaire de Beck dans son argumentaire d'octobre 2017. La méta-analyse de Michael J. Lambert, Jason L. Whipple et Maria Kleinstäuber, publiée dans Psychotherapy en 2018, montre que la restitution régulière de ces mesures au praticien améliore les résultats, en particulier chez les patients qui, sans ce retour, se dégraderaient ou ne progresseraient pas.
Est-il normal de se sentir plus mal après certaines séances ?
Une intensification passagère après une séance qui aborde un contenu douloureux est décrite en clinique. Deux critères la distinguent d'une dégradation : la durée et le fonctionnement. Une réaction résorbée en quelques jours, sans atteinte du sommeil, du travail ou de l'alimentation, relève du travail thérapeutique. Une aggravation qui dure plus de trois semaines appelle un avis médical. La méta-analyse de Pim Cuijpers et ses collègues, parue en 2018 dans le Journal of Affective Disorders, situe la détérioration médiane à 4 % des patients traités par psychothérapie.
Que faire si je suis bloqué depuis plusieurs mois ?
Commencez par nommer l'arrêt des progrès en thérapie en séance, avec des faits datés issus de votre relevé hebdomadaire. Vérifiez ensuite trois points : l'accord sur les objectifs, l'accord sur les tâches, et l'existence d'un sujet contourné depuis le début. Si la stagnation persiste après cette mise à plat, un questionnaire standardisé tranche entre stagnation réelle et perception faussée, et un avis médical permet d'écarter une cause somatique ou une addiction associée.
Changer de thérapeute fait-il perdre le travail accompli ?
Les progrès en thérapie déjà obtenus restent acquis, à condition d'être transmis. Un changement construit comporte un bilan écrit ou oral des acquis, des objectifs restants et des méthodes déjà essayées. La méta-analyse de Swift et Greenberg, portant sur 669 études et 83 834 patients, montre que l'orientation théorique de la thérapie ne modère pas le taux d'abandon, qui dépend davantage du diagnostic, de l'âge et du niveau d'expérience du praticien. Un changement motivé par la qualité du lien de travail repose donc sur un critère documenté.
Combien coûte un suivi psychologique en France ?
Le CMP est gratuit et sans avance de frais, financé par la sécurité sociale. Mon soutien psy facture 50 € la séance, prise en charge à 60 % par l'Assurance Maladie et à 40 % par la complémentaire santé, soit 0 € de reste à charge dans le cas général, et 90 % de prise en charge en Alsace-Moselle. En libéral hors dispositif, les tarifs constatés vont de 50 € à 80 € la séance selon les régions, avec un remboursement partiel par certaines complémentaires.
Combien de temps faut-il attendre pour un premier rendez-vous ?
Les délais varient selon la structure et le professionnel. L'enquête de la F2RSM Psy menée en novembre 2022 auprès des 103 CMP adultes des Hauts-de-France mesure un délai médian de 7 jours tous professionnels confondus, qui monte à 61 jours pour un psychologue et 74 jours pour un psychiatre. Six structures recevaient le jour même et 30 en moins d'une semaine. L'évaluation initiale y est conduite par un infirmier dans 85,7 % des cas, ce qui explique l'écart entre le premier contact et la consultation spécialisée.
Que faire en cas d'idées suicidaires pendant un suivi ?
Composez le 3114, gratuit et ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, y compris si vous êtes déjà suivi. Les répondants sont des infirmiers ou des psychologues formés à l'évaluation et à l'intervention de crise, supervisés par un psychiatre coordonnateur. En cas de danger vital immédiat, appelez le 15. Prévenez ensuite votre praticien et votre médecin traitant : une idéation suicidaire modifie le cadre du suivi et justifie une réévaluation rapide.
Comment Todopsy accompagne votre parcours
Todopsy est une plateforme française dédiée à la psychologie, entièrement gratuite à tous les niveaux, sans publicité ni mur payant. Son objet est de rendre lisible ce que le parcours de soin français propose réellement, et de réduire la distance entre une difficulté ressentie et un professionnel adapté. La question des progrès en thérapie s'y traite comme une question d'information, avant d'être une question de méthode.
Contenus éducatifs en accès libre. Articles, dossiers, revues de cas et revues de littérature couvrant l'ensemble du champ de la psychologie, avec sources citées et données françaises privilégiées. Cette page en est un exemple : quinze sources publiques, dont l'Inserm, la HAS, l'Assurance Maladie, Santé publique France et l'Organisation mondiale de la Santé.
Mise en relation avec un psychologue. Un système de matching combinant algorithme, couche d'intelligence artificielle et conseil humain, sans commission et sans vente de séance. La relation thérapeutique se noue ensuite hors plateforme, entre vous et le praticien.
Visioconférence offerte aux praticiens. Un outil de consultation à distance mis à disposition des psychologues, sans abonnement ni commission, pour les suivis qui le nécessitent.
Si vous hésitez sur la marche à suivre, la page choisir, consulter et être accompagné, le panorama complet du parcours réunit les étapes, des professions aux remboursements. Todopsy informe et oriente, sans poser de diagnostic et sans se substituer à une consultation.
Conclusion
Évaluer les progrès en thérapie demande trois choses accessibles à tout patient : une définition opératoire du changement recherché, un instrument répété à intervalles fixes, et une discussion explicite avec le praticien lorsque la courbe s'aplatit. Les données rassemblées ici convergent : environ un patient sur cinq interrompt son suivi prématurément selon Swift et Greenberg, la restitution régulière des mesures de résultat au praticien améliore l'issue du suivi selon Michael J. Lambert, Jason L. Whipple et Maria Kleinstäuber, et l'alliance de travail pèse plus lourd que l'école théorique du praticien. En France, le dispositif Mon soutien psy, les centres médico-psychologiques et le réseau du 3114 forment un maillage accessible, gratuit ou remboursé, dont l'usage se combine dans le temps. Si votre situation stagne depuis plusieurs semaines, la conversation à ouvrir en séance porte sur les objectifs et sur les tâches, avec des faits datés. Les progrès en thérapie deviennent visibles à partir du moment où ils sont mesurés.
À lire également :
Sources :
- Remboursement de séances chez le psychologue, dispositif Mon soutien psy : Assurance Maladie, 2026
- Mon soutien psy, un accompagnement psychologique accessible à tous : Assurance Maladie, 2025
- Épisode dépressif caractérisé de l'adulte, prise en charge en soins de premier recours : Haute Autorité de Santé, 2017
- Troubles anxieux, dossier scientifique : Inserm, 2024
- Prévalence des états anxieux chez les 18-85 ans, Baromètre santé 2021 : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France, 2025
- Premature Discontinuation in Adult Psychotherapy, a Meta-Analysis : Journal of Consulting and Clinical Psychology, American Psychological Association, 2012
- Collecting and delivering progress feedback, a meta-analysis of routine outcome monitoring : Michael J. Lambert, Jason L. Whipple et Maria Kleinstäuber, Psychotherapy, American Psychological Association, 2018
- Negative effects of psychotherapies for adult depression, a meta-analysis of deterioration rates : Pim Cuijpers, Mirjam Reijnders, Eirini Karyotaki, Leonore de Wit et David D. Ebert, Journal of Affective Disorders, 2018
- Organisation et délais de rendez-vous dans les centres médico-psychologiques adultes des Hauts-de-France : F2RSM Psy, 2023
- Centre médico-psychologique, fiche du dictionnaire des lieux : Psycom, 2024
- Troubles mentaux, aide-mémoire : Organisation mondiale de la Santé, 2025
- Publication de la CIM-11 2022 : Organisation mondiale de la Santé, 2022
- Dossier de presse Septembre jaune 2025 : 3114, numéro national de prévention du suicide, 2025